Auteur : jcbarens

  • LE GRAND MAUL 29-11 au 13-12

    LE PROGRAMME COMPLET

    Toutes les rencontres se déroulent à la Médiathèque Louise-Michel de Saint-Paul-lès-Dax et sont gratuites. Exception faite de L’Éveille papilles, qui aura lieu à la Grange de Christus, le dernier jour.

    MEDIATHEQUE LOUISE MICHEL

    1 bis Rue des Bruyères, 40990 Saint-Paul-lès-Dax

    Téléphone : 05 58 91 20 68

     Du 29 novembre au 13 décembre, exposition photographique de Nelly Blaya, qui a suivi les entraînements et les matchs du RQF (Rugby Quercy Féminin) entre 2021 et 2024.


    Samedi 29 novembre. 15 h 30 : rencontre passion avec Thomas LEGRAND journaliste, auteur, chroniqueur radio. Passionné de rugby, il viendra en parler et dédicacera son dernier ouvrage, « Les Évasions perdues », aux éditions Rue-de-Sèvres. La médiation sera assurée par Guilhem HERBERT Suivra le vernissage de l’expo photo.

    17 heures : rencontre littéraire avec Guilhem HERBERT. Landais de cœur, il a choisi la voie du journalisme pour être au plus près de l’action. Après avoir travaillé pour L’Équipe 21 et RMC Sport, il a créé et réalisé « Cadrage débordement » pour Canal+ pendant deux ans. Il dédicacera « Parce que Toulon », aux éditions Amphora.


    Samedi 6 décembre. 17 heures : rencontre littéraire avec Serge COLLINET Joueur de haut niveau, entraîneur et professeur, il a créé la section sportive rugby du collège Georges-Braque de Paris, qui vit l’éclosion de nombreux joueurs professionnels. Il est l’auteur de nombreux ouvrages de pédagogie et de formation en rugby. Il présentera et dédicacera son dernier livre « Conquérantes », autour du rugby féminin, aux Éditions Passiflore. Médiation assurée par Patricia MARTINEZ, avec la participation de Mélissa HANNOUNI, ancienne joueuse de Herm, Bayonne et Dax.


    Mercredi 10 décembre. 15 h 30 : rencontre et dessin avec Jean-Michel LAFON Le plus Agenais des Béglais, illustrateur et caricaturiste, animera un atelier dessin et dédicacera « Parents et rugbymen heureux » et « Villes d’ovalie », aux Éditions Passiflore.

    18 h 30 : projection du documentaire de Christophe VINDIS, « Il était une fois dans le Sud-Ouest ».


    Vendredi 12 décembre. 18 heures : rencontre littéraire avec Pierre TRIEP-CAPDEVILLE, une des figures légendaires de la Section Paloise de la fin des années 1990. Drôle et érudit, il présentera son livre « Nous étions rugbymen », paru aux Éditions Gascogne. Médiation par Laurent TRAVINI ancien joueur professionnel, international italien.et Richard ESCOT (écrivain et journaliste, figure rugbystique du journal l’Equipe)


    Samedi 13 décembre. 10 h 30 : rencontre littéraire avec Pedro SOUSA RIBEIRO, président de la Fédération portugaise de rugby à deux reprises, entre 1975 et 2002, et auteur de l’ouvrage de référence retraçant l’histoire du rugby au Portugal, « O ruby em Portugal », aux Éditions Sportbook. Médiation par Guilhem HERBERT

    17 heures : Grande Table Ovale pour mieux comprendre la formidable épopée des « Lobos », lors de la Coupe du monde 2023 en France, avec Patrice LAGISQUET, international, entraîneur des Lobos de 2019 à 2023, Diogo HASSE FERREIRA, joueur portugais international passé par l’Angleterre et évoluant au poste de pilier droit à l’US Dax, et Pedro SOUSA RIBEIRO, ancien Président de la Fédération Portugaise de rugby.  Médiation assurée par Guilhem HERBERT et Richard ESCOT

    Dédicaces et signatures après les rencontres assurées par La librairie Les Feuilles Volantes et les Editions Passiflore

    Samedi 13 décembre – Grange de Christus, au bord du Lac.

    RUGBY & EVEILLE PAPILLES
    DOLCES PORTUGUESES et APERITIF DINATOIRE. A partir de 19h.On continuera à causer rugby, en partageant quelques douceurs. Un tour du monde des musiques lusophones viendra agrémenter ce moment convivial, marquant la clôture de la cinquième édition du Grand Maul.
    Soirée réalisée en partenariat avec LOUS DESENTENUTS


    Deux formules, bières et vins en sus :

    15 € : Verre de porto, accras morue, brochettes poulet, patatas, xistorra,pastel de nata

    20 € : Verre de porto, sopa verde, accras morue, rabas, brochettes poulet, patatas, xistorra, champignons sautes, pastel de nata


    Inscriptions : 06 71 55 68 92 ou par mail : legrandmaul@laposte.net

    Paiement possible par virement : IBAN FR76 1027 8022 8600 0211 8940 184               BIC-CMCIFR2A / Crédit Mutuel DAX

    Photo, de gauche à droite debouts : Yves LOUME (Président de l’association Le Grand Maul ) Képa ZUBILLAGA ( secrétaire et maitre de l’internet) accroupi, Jean-Claude BARENS (créateur et directeur artistique du Grand Maul )

    www.legrandmaul.org

  • Causerie avec Alice HELT #3

    Une formidable initiative solidaire

    JCB-A quel moment a germé l’idée de mettre en place ce projet, et d’après quels constats ?

    AH -L’année dernière, à peu près à la même époque. Quand j’ai pris la mesure de la détresse dans laquelle se trouvait Jope Naseara, après son retour d’opération. J’ai d’abord décidé d’endosser simplement le rôle d’une maman qui viendrait s’assurer que son fils a bien ce dont il a besoin, prend bien ses médicaments… Avec mon mari, lorsque Jope a été admis en urgence au Centre Napoléon, nous avons aussi décidé de remettre son studio en état. L’objectif étant qu’à son retour il se retrouve dans un espace propre et accueillant. Heureusement que ses amis de la Résidence veillaient sur lui ! C’est grâce à eux que nous avons compris. Car Jope comme ses compatriotes ne réclame et ne se plaint jamais. Ensuite, je suis allée quasi-quotidiennement le voir au Napoléon. D’autres personnes l’ont aussi fait. En fait, sans trop le savoir, nous assurions un relai à son chevet. J’ai beaucoup discuté avec Jope. De sa famille, de la mienne, de mon travail, de ma liberté de femme française… J’ai dû demander que ses repas soient adaptés aux besoins de son organisme de jeune sportif de haut niveau. Car les portions pour les habituels pensionnaires étaient tellement petites qu’il a perdu entre 5 et 8 kg en quelques jours.
    En rangeant chez lui je suis tombée sur un tiroir plein d’enveloppes fermées… je suis donc allée le voir au Napoléon avec un sac rempli de ces courriers et nous les avons traités ensemble. J’ai traduit, j’ai expliqué le processus en France. On a ainsi réglé quelques petits retards… Et là je me suis dit que malgré toute la bonne volonté du club, l’écart de culture et de pratique était trop grand. Les petits trucs du quotidien, si vous ne comprenez pas la langue, soit ça vous pourrit la vie, soit vous faites comme s’ils n’existaient pas. Mais ce que l’on appelle aujourd’hui « la charge mentale », elle est bien là !
    Alors, j’ai commencé à écrire, à poser ce qu’il aurait fallu faire. J’ai élaboré un début de projet que j’ai soumis en tout premier à Jeff (Dubois). Sans son aval je n’aurais pas été plus loin. Son retour a été formidable. Il était emballé. Il m’a même dit, « c’est ambitieux et complet. Si tu arrives à mettre tout ça en place, on sera le premier club à faire aussi bien pour les joueurs étrangers et leurs compagnes ». Car mon projet propose aussi un volet pour les compagnes dans leurs démarches du quotidien (inscription des enfants à la crèche, solidarité en cas d’enfant malade, échanges de services…).
    En fait, plus je réfléchissais plus je réalisais que cette démarche ne devait pas s’adresser qu’aux joueurs étrangers. Bien que la barrière de la langue contribue à une très grosse fatigue qu’on n’imagine pas toujours. Ainsi, les jeunes arrivant d’autres régions, pouvaient aussi avoir des besoins similaires. Excepté la langue… mais comme je le dis toujours, ils ne parlent pas tout le « palmipède gras » couramment.
    C’est pourquoi l’objet du projet est bien l’« Accompagnement des Joueurs éloignés de leurs proches ».

    JCB- AMAS signifie Ensemble en gascon. Le vivre Ensemble est-il le moteur principal de la proposition ?

    AH – Eh oui, il fallait bien un nom au dispositif. Avec quelques amis qui m’écoutaient parler de mon projet, on a longtemps cherché. Et puis, on s’est dit que la notion d’Ensemble pouvait être une bonne synthèse de la démarche. Comme nous sommes en pays gascon, on a adopté : AMAS. Dans AMAS on retrouve le A d’Accueil, d’Accompagnement, M de Merci, car on ne peut que les remercier d’avoir choisi de venir porter le maillot de Dax, et le S de Solidarité. En tous les cas, oui, le premier objectif est le bien vivre ensemble. L’idée est que ces joueurs aient un bon souvenir de leur passage dans les Landes. Qu’ils soient à l’aise avec nos modes de vie, qu’ils comprennent comment nous vivons (culture, respect des personnes et des lois…) et qu’ils se sentent bien. Au-delà du premier objectif : l’humain, on pouvait aussi se dire que plus les joueurs (et leurs familles) se sentent bien, plus ils peuvent se concentrer sur le sportif et s’épanouir dans leur projet de rugbyman professionnel.

    JCB -Sous quelles formes, va se décliner cet accompagnement des joueurs éloignés de leurs proches ?

    AH -Disons, en premier, que faisant partie des administrateurs du Fon’Daxtion, il m’a semblé naturel et légitime, au regard des objets du Fonds, de présenter la démarche AMAS aux fondateurs du Fon’Daxtion. Là encore l’accueil a été très favorable, Stéphane Dargelas et Hugo Maurel se sont tout de suite portés volontaires, non seulement pour apporter des coups de main mais aussi pour qu’AMAS puisse se faire sous l’égide du Fon’Daxtion.
    Il y a plusieurs formats dans le projet.
    Tout d’abord, créer du lien et faire savoir que mon équipe de (très) Bonnes Volontés est constituée de personnes de confiance, discrètes et compétentes. Chacune dans son domaine. Nous avons une juriste, une pharmacienne, un banquier, un ancien des impôts… tous en capacité d’orienter les joueurs ou leurs compagnes vers les bons interlocuteurs. Nous avons aussi tout plein de bricoleurs et de personnes disposées à accompagner les joueurs à leurs RDV médicaux (eh oui comment on fait quand on n’a ni permis, ni voiture, et la jambe en plâtre ?). Nous pourrons être là, par exemple, en début de saison, pour les accompagner pour les états de lieux, les branchements Internet-Wifi, électricité… Nous avons aussi une professeure de français, anglophone, qui les accompagne depuis déjà quelques années… et désormais dans le cadre de Fon’Daxtion. Elle fait un lien extraordinaire avec les non-francophones.
    Nous avons prévu une permanence (environ 2h toutes les semaines, voire 15 jours, au stade M. Boyau) pour assurer aux joueurs la possibilité de trouver une écoute et de chercher ensemble des solutions à la plupart de leurs questions extra-sportives.
    Ensuite, des conférences sont prévues au long de l’année sur différentes thématiques. De la même manière que Fon’Daxtion a lancé l’an dernier l’intervention de Colosse aux pieds d’argile, ou d’un ancien rugbyman conseiller en gestion de patrimoine. D’autres sujets sont en cours d’élaboration (les institutions de notre république, les préjugés, l’environnement…).
    Un dispositif complet au travers du projet porté par Catherine Hontang et Hugo Maurel traitera du sujet ô combien important actuellement : la Santé Mentale. C’est une démarche réalisée, là encore, dans le cadre du Fon’Daxtion. Le partenariat avec la clinique AMADE comprenant : conférence introductive, formation des staffs et bénévoles pour détecter les possibles soucis avant d’alerter, rendez-vous individuels avec les joueurs est déjà lancé pour la partie Association de l’U.S.Dax Rugby. Enfin des moments conviviaux et plus informels se mettront en place. Comme l’opération « grand nettoyage de Printemps » de la résidence des joueurs Espoirs et du CDF de ce mois de novembre. On aura aussi des randonnées dans les Pyrénées, des escapades à la plage, une course landaise ou encore des moments « en famille » pour un soir, un WE, chez les Bonnes Volontés d’AMAS qui le proposent.

    JCB-Es-tu rentrée en contact avec d’autres clubs professionnels soucieux de ces problématiques ?

    AH-J ’ai un peu regardé… mais franchement, je n’ai pas eu la sensation d’avoir le temps. Pour moi, il y avait urgence. Comme par exemple, accompagner les jeunes fidjiens pour l’ouverture de leurs comptes bancaires, pour leurs premières courses alimentaires, pour les photos d’identité… Heureusement que Ratu Nacika et sa compagne qui faisaient déjà beaucoup de leur côté, m’ont aidé à comprendre et là où étaient les besoins, et surtout, les spécificités culturelles qui empêchent leurs compatriotes de demander de l’aide. Dès la création d’AMAS, Ana et Ratu se sont portés candidats. J’ai, très récemment, pu discuter avec le relai de l’agent des Fidjiens. Il faut vraiment que nous travaillons tous main dans la main : agents-clubs-AMAS. Ce sera bénéfique pour tous : autant joueurs que clubs ou agents. J’ai bon espoir qu’avec ce que nous mettons en place avec AMAS, nous parvenions à réellement progresser, ensemble, avec les agents. En tous les cas, rendez-vous est pris et nous avons d’ores et déjà convenu que je sois rajoutée au groupe Whatsapp des Fidjiens de Dax et de leur agent.
    Je tiens aussi régulièrement au courant l’équipe Pro, directement auprès des joueurs, de ce que nous mettons en place. Ils suivent ça de près.
    Enfin, j’ai longuement discuté avec « Papa Pierre » de Mont-de-Marsan. Je savais que depuis très longtemps il assurait un rôle d’intégration et de rassemblement des fidjiens de la « province Sud-Ouest ». Mais mon projet n’est pas que pour les Fidjiens. Les jeunes aussi peuvent besoin d’un relai-famille quand ils débarquent ici. Quand on a fait le grand nettoyage de la Résidence, plusieurs sont venus demander si on pouvait réparer un petit truc dans leur studio. Ils n’ont pas tous une trousse à outils sous la main, ces jeunes. Alors que les Bonnes Volontés d’AMAS n’attendent que ça, de donner un petit coup de main ! Et ce, tout en discutant des derniers matchs de l’équipe de France, de la première ou des Espoirs qu’ils suivent.

    JCB- Qu’attends-tu des personnes qui pourraient avoir envie de s’impliquer ?

    AH -En premier, de la bienveillance, des suggestions et des idées pour proposer des moments « famille » comme du soutien et de l’aide face aux tracas du quotidien ! Et, bien sûr, un peu de disponibilité. Car, plus nous serons nombreux, plus ce sera facile et « léger » pour tous. En fait, il y a pas mal de bénévoles autour des jeunes et des joueurs. Mais ce sont souvent, voire toujours, les mêmes. Par exemple, quand les jeunes arrivent à minuit à la gare, ils appellent toujours le même bénévole qui est aussi très sollicité le reste de la journée. Si nous sommes 4 ou 5 à pouvoir nous relayer ce sera bien plus supportable.
    Attention, il s’agit bien d’accompagnement. Les Bonnes Volontés d’AMAS seront aussi là pour traduire, y compris des documents administratifs écrits en français, ou aider à trouver le bon professionnel. L’objectif est d’aider à comprendre. Comprendre des instructions médicales, comprendre un courrier de l’hôpital, une lettre de propriétaire… Mais pas pour faire « à la place de… ». De plus, les personnes qui connaissent bien le tissu local et savent indiquer quel peut être le bon interlocuteur sont très précieuses.
    Quoi qu’il en soit, à voir l’enthousiasme des Bonnes Volontés du projet AMAS, à voir les rires des jeunes et moins jeunes lors du Grand Nettoyage de la Résidence, je suis convaincue que du côté des joueurs comme de celui des bénévoles, cette démarche est plus que positive. Elle est nécessaire, mais aussi elle apporte un vrai plus à ceux qui reçoivent autant qu’à ceux qui donnent.
    Photo Alice HELT- moment convivial lors du Grand Nettoyage de la Résidence, novembre 2025.

    N’hésitez pas à laisser des commentaires sur le BLOG. Si vous avez des encouragements à formuler, des idées, des remarques, des envies d’implication, vous pouvez écrire à : ahelt@laposte.net

    Si vous souhaitez faire un don à Fon’DAXtion : fondaxtion@gmail.com pour tous renseignements.

  • C’était un 16 novembre …

    Il y a un an. Jour pour jour. Le soleil inondait le stade Jean Dauger de Bayonne, pour recevoir en grande pompe le derby des Landes. Les projecteurs étaient braqués sur une rencontre, qui prenait tout à coup une autre dimension. C’était la première fois qu’un match de PROD2 était programmé sur un créneau horaire du samedi après-midi, habituellement réservé au Top 14, en pause ce week-end-là. Cette délocalisation n’avait pas fait que des heureux, et finalement tout le monde s’était rangé derrière cette décision de la Direction, adossée à une pseudo consultation et étayée par un triple argumentaire :  une exposition médiatique exceptionnelle, la migration en masse du peuple rouge et blanc pour venir encourager son équipe dans un magnifique stade de Top 14 et faire une opération financière jugée fort juteuse. Les supporters étaient là, heureux et bruyants, et l’écriture du scénario sportif fut magistrale. Un Noa Nene stratosphérique, un groupe dacquois inspiré et sur de ses forces. Des montois anesthésiés. Des caméras partout, un Président qui se met en avant, tel un papillon attiré par la lumière. Une journée qui fut une grande et belle fête populaire pour le rugby dacquois. Mais, permettez-moi, avec du recul, de trouver le revers de la médaille extrêmement dommageable. Alors que nous étions en Nationale quelques mois auparavant, et malgré une première saison exceptionnelle l’année de notre montée, étions-nous préparés à recevoir ce flot de considérations dithyrambiques, cette avalanche d’images. Nous voilà classés brutalement dans une catégorie qui pourrait faire penser que nous sommes presque un gros club, alors que les réalités sont à mille lieux, et que notre budget est bien en dessous des standards de la division. Et ce match va avoir de terribles conséquences pour la suite de la saison. Tout d’abord, nous perdons nos deux facteurs X : Jope pour de longs mois. Noa, au vu de sa chevauchée diffusée en boucle, est coopté par l’équipe de France. Il en reviendra blessé, et ne retrouvera jamais son niveau, avant finalement de subir une intervention chirurgicale. Il est aujourd’hui titulaire au Stade Français, preuve que la pioche était bonne. Cruelles pertes pour nos lignes arrières. Ce résultat avec bonus nous fait remonter au classement, et flirter avec le Top 6. Beaucoup se mettent à penser alors, que nous allons reproduire l’exploit, car ça en fut un, de la saison précédente, en nous qualifiant une nouvelle fois pour les barrages, et pourquoi pas à domicile, tant qu’on y est. Malgré nos moyens limités et nos blessés non compensés. Ce cap imaginé par beaucoup, restera dans les têtes des supporters, et peut-être un peu dans celles des joueurs. Bien évidemment, finir 11ème va apparaitre comme un terrible échec. Obtenir le maintien était sorti de l’évidence, alors que lors de notre première saison en PROD2, tout le monde nous voyait lutter pour ne pas descendre. Aucun joker médical, malgré les demandes, si ce n’est Viliame Tutuvuli. On comprendra plus tard pourquoi. Et que penser de la fameuse opération financière XXL ? Rien, puisqu’aucun chiffre n’a été communiqué. Même pas la fréquentation au stade. A en croire les soubresauts financiers de fin de saison, tout conduit à penser que la recette n’a pas été miraculeuse.

    Cette journée nous a placé sur une orbite, qui n’était pas la nôtre. L’opération de communication était réussie mais sans avoir derrière, les moyens financiers pour subvenir à la vie ordinaire d’un club, que l’on a voulu montrer bien plus imposant qu’il ne l’était réellement.

    Ironie de l’histoire, ce 16 novembre, jour pour jour, un an plus tard, Jeff, évincé avec la brutalité que l’on sait, va jouer avec le FC Grenoble un nouveau match délocalisé. Cette fois-ci par le RC Vannes, au Roazhon Parc de Rennes, devant 30 000 spectateurs. Bien évidemment que ça va être très compliqué, contre l’ogre qui descend de Top 14. Mais ça reste un match, et tout peut arriver. Là nous ne sommes plus dans les 100 kms aller-retour du derby, mais bien à 850 kms du Stade des Alpes ! Tiens, l’arbitre du match, Ludovic Cayre, sera le même que l’an dernier.

    Vendredi soir, première victoire à l’extérieur pour nos valeureux dacquois à Biarritz. Bravo à tout ce groupe et à son encadrement. Décidément, les voyages sur la côte basque à la mi-novembre, nous réussissent à merveille.

  • Mondovino, mondovalo

    C’est dans une cour d’école que j’ai pris le rugby en plein plexus.

    La besace bourrée de gnons, de malice et de feintes d’Arlequin, j’apprivoisais vite le ballon à deux bouts. Cette balle idiote, capricieuse, usée à la couture tant elle avait été bottée, passée, talonnée, portée.

    Au printemps, le pré se tapissait d’herbe grasse. Il laissait sur le short blanc cette indélébile trace de chlorophylle, source de mémorables avoinées maternelles. Le vocabulaire se faisait parfois forestier, entre les marrons donnés et les châtaignes reçues. Les deux H en bois de peuplier s’élançaient fièrement et crissaient au vent d’autan. Je sentais très tôt qu’ils pouvaient signifier Humanisme et Humilité.

    Je n’aimais pas ces cages de football qui laissent le ballon prisonnier au fond des filets, avec cette ouverture béante soumise à un gardiennage permanent. Les bipèdes ne fréquentaient pas les manchots. C’était dans les années 70. Beaumont-de-Lomagne, Quillan-Espéraza, La Voulte ou Montchanin pouvaient rêver de décrocher le Brennus. Mais c’est Béziers qui enfilait les titres. Sauclières était devenue une place imprenable.

    Roger Couderc, le front plissé sous sa casquette en feutre, vociférait dans le poste de télévision. Pierre Albaladéjo, Monsieur Drop, le rejoignait vite pour former ainsi un exceptionnel duo de comment’acteurs. Plus tard, devenu rugbyman assidu dans un club de série inférieure, mon compère au centre de l’attaque répondait au poétique patronyme d’Aragon. Prêtre-ouvrier de son état, il montait parfois d’incandescentes chandelles, sous lesquelles dans un élan de générosité liturgique, il clamait : il vaut toujours mieux donner que recevoir ! Le Ché poussait en seconde ligne. Colosse barbu, il avait connu toutes les joutes du championnat de France. Inlassable conteur, il parlait des attelages les plus effrayants : Fite-Rossignol à Brive, Goze-Imbernon à Perpignan, Estève-Palmié à Béziers. Le vestiaire sentait le camphre et le recueillement. Le match terminé, les chants profonds montaient des douches fumantes. « Le rugby est un sport de grandes marées. De gros temps, de gadoue et de vent. Un sport de parcours picaresques, de figures hautes en couleur. » Le maçon serre la taille du dentiste et l’amitié se paie rugby sur l’ongle. « C’est du mouvement qui se délie, des tas et des jaillissements, des cocottes qui avancent, des gros qui désossent et des petits qui s’infiltrent. »

    C’est dans une auberge gasconne qu’un Clos Lapeyre, aux parfums d’amandes et d’anis, a habillé mon palais d’aurores boréales. Il était rond en bouche. Un de ces Jurançon qu’Henri de Navarre reçut en onction sur ses lèvres de nourrisson babillard. Le vin a fermenté dans le cœur des hommes. Il est issu de l’invraisemblable alchimie du temps, de la terre, du climat et de l’amour qu’on lui donne. Il s’enrichit de sueur, de patience et de générosité.

    Découvrir un vin est un moment rare. Aussi rare que cet instant où le rugby me tomba dessus. Vin et rugby partagent des racines communes, des styles et des arômes marqués par les terroirs. Ils se pratiquent en équipe, avec des règles qui peuvent surprendre les néophytes.

    Connaissance et maîtrise technique, solidité physique, esprit de corps et de temps en temps le coup de génie, qui vient là, pour faire la différence. Liés au plaisir, à l’amitié, ils sont terriblement convoités par les faiseurs de parts de marché. Un marché à part qui enserre ses victimes dans la globalisation des styles et des goûts.

    En 2003, Jonathan Nossiter promenait sa caméra des Pyrénées aux Palazzi florentins, pour nous montrer cette quête qui unit riches et pauvres, natifs et immigrants : la transformation magique du raisin en vin. « Mondovino », tourné dans différents pays, met en scène les tout-puissants (la multinationale Mondavi en Californie) et les artisans-producteurs qui défendent quelques arpents de terres ancestrales. Michel Rolland, le Jules César des œnologues, a compris la nécessité de produire un vin conforme aux goûts de l’immense majorité. Un vin complaisant, sans âme. Certains résistent, refusent le formatage. Mais le publicitaire est fort mateur. L’image est partout, vorace et impitoyable. Elle nourrit les outils de l’uniformisation.

    Hégémonie du goût imposée par le couple Michel Rolland (œnologue consultant planétaire) et Robert Parker (critique américain).

    Standardisation du jeu prônée par le duo Syd Millar (patron de l’International Rugby Board) et Rupert Murdoch (milliardaire australien, magnat des médias). Monopole de 3 ou 4, équipes aux premières places du championnat, enjeu primant sur le jeu, vertigineuse importance du résultat, Pom-Pom kermesses bodybuildées aux niaiseries des années 80, façon TF1-NRJ.Argent roi et télé reine décervellent tout sur leur passage. Le professionnel du rugby sera comme le vin, un produit de laboratoire répondant aux normes des métropoles high-tech. Les perles du pacifique, et leur jeu qui fait mousser de plaisir, ne seront plus qu’un lointain souvenir. Parfois un gros viendra à chuter… de quoi alimenter le roman de la pipolisation.

    Vous les rigoureux, les performants, les athlètes musculeux, les dirigeants entrepreneurs, disputez entre vous le grand Challenge de la satiété générale. Mais rendez le Brennus aux villageois, car au fond, pour vous, le terroir qu’est-ce ?

    Jean-Claude BARENS

    CONTEXTE -Article écrit en 2007 pour Rue 89, repris en 2016 par l’Obs, et par Philippe Meyer, pour sa chronique sur France Culture.

  • Rectangle vert et cercle noir

    Assis sur le rebord de ta palombière céleste, tu as du avoir l’œil humide en observant ce qui se passe ici-bas. La famille du rugby dacquois, et bien au-delà, était venue quelques jours auparavant t’accompagner. Regroupée, faisant corps. C’était beau et émouvant.

    Aujourd’hui au-dessous de toi, sur le rectangle vert, des joueurs se sont dépouillés, ont fait honneur à ce maillot que tu as porté, à ce club que tu as tellement aimé et soutenu. Ils se sont resserrés. Se sont battus de toutes leurs forces, sans être pour autant récompensés. Mais l’âme est là, elle perdure depuis bien des mois. Ce groupe n’est pas tombé du ciel, il est né d’une histoire commune, de vécus collectifs, d’un cheminement humain qui s’est construit dès la division inférieure. Même s’il n’a jamais connu de périodes aussi difficiles, c’est là qu’on va mesurer toute sa force et son sens de l’engagement.

    Aujourd’hui, au-dessous de toi, dans le cercle de ceux qui seraient sensés indiquer une voie, rassurer, créer un cadre pour exercer un métier sereinement, on s’est pitoyablement déchirés. Je ne pensais pas que le mot escobarder, que j’avais précédemment sorti un peu de sa désuétude, aurait connu des illustrations aussi répétées. Mais là, je suis dans l’obligation d’aller plus loin et d’emprunter chez Rutebeuf, le mot « faumoner ». C’est plus direct, et ça nous rapproche davantage de la tromperie. Escobarderies et faumonements, la langue française est décidément savoureuse… Le cercle se dépulpe, toute la substance dacquoise, la pulpe historique, est extraite. Ayant fait du vide autour d’eux, les Stratton brothers, occupent le centre. Après avoir voué aux gémonies Jeff et son staff (une vieille obsession datant du début de l’ère, d’ailleurs largement soutenue par d’autres), renvoyé sans ménagement dans leurs foyers les partenaires historiques, gommé des tablettes les bénévoles investis depuis longtemps, la trace dacquoise se fait mince Un trait qui perd de l’épaisseur. Un terroir qui serait amputé de ses saveurs, de sa culture. Mais pour eux, le terroir qu’est-ce ? Devons-nous nous attendre à une perfusion biarrote, qui pourrait rebooster un groupe sans gain ? Quel chemin emprunteront-ils pour apporter une confiance qui a volé en éclats au fil des mois ? Qui peut affirmer aujourd’hui que leur gestion est exemplaire ? Et quand un journaliste l’exprime, en s’appuyant sur des déclarations internes, il est malmené !

    Ceux qui diront qu’il ne faut pas mêler les joueurs à tout cela, ont peu conscience des réalités. Le rectangle vert est dans le cercle noir. Les joueurs sont des citoyens, des salariés qui ont les mêmes droits que tout un chacun. Ils lisent la presse, consultent les réseaux sociaux, réfléchissent, ont des avis. L’exemple récent de Grenoble, devrait nous ouvrir les yeux. L’histoire des sportifs qui doivent rester dans leur bulle, c’est un conte pour enfants.

    L’ensemble du rugby dacquois mérite d’être fortement soutenu, des professionnels aux plus jeunes, des garçons aux filles. C’est là qu’il y a de la vie, des racines et de l’espoir. Pour le reste, nous allons croiser les doigts, pour ne pas être emportés dans une folle, et suicidaire dérive.

    Jean-Claude Barens

  • Jean-Louis, la classe jusqu’au bout

    Dans ce grand voyage qui t’emporte avec ton dernier vol d’oiseaux bleus, tu resteras toujours cet humaniste se débattant dans un monde complexe, cet homme bienveillant au regard perçant, éclaboussant de classe et d’humilité. Il était difficile de ne pas se rallier à ton panache blanc, tant ton énergie était communicative. En quelques mots simples, tu remettais vite un échange sur des rails où l’humain était toujours au cœur de tes préoccupations.

    Il y a quelques années, j’apportais dans ton bureau mes archives de l’USDAX et mon projet pour la création du Grand Maul. Adolescent, ma fièvre rouge et blanche, me précipitait sur tout ce qui pouvait concerner le club landais, alors que je vivais pourtant assez loin de là, en pays Lomagnol, aux confins du Gers et du Tarn-et-Garonne. J’avais soigneusement découpé des centaines d’articles, collecté des photos, tenu des cahiers où les mensurations des joueurs dacquois étaient consignées. Amassé des réponses à des courriers échangés avec le secrétariat du club … et même avec Pierre Albaladéjo. Parmi ces petits trésors, un cliché où tu formais la charnière du xv de France, avec Maxou Barrau, celui de chez moi, l’enfant de Beaumont-de-Lomagne. Quand je t’ai déployé pudiquement tous mes secrets, tu as été surpris et ému. Tu m’as vivement encouragé pour le projet du Grand Maul, autour du rugby et la littérature. Et là, quand tu es venu à la première édition, tu as rencontré un écrivain que j’avais invité : Léon Mazzella. Tu lui avouais avec émotion, que ta tonne de chasse à Bélus, était tapissée de quelques pages de certains de ses ouvrages. Celles où sont si bien décrites ses longues attentes dans des cabanes cachées au milieu des bois, les yeux rivés vers le ciel, guettant l’arrivée des palombes. Quand l’automne prend alors une couleur toute particulière et se pare de son plus beau manteau bleu. Des odes à une culture, une identité, et aux âme fortes, mais ouvertes aux rencontres et à l’autre. L’expression d’un art de vivre empreint à la fois de liberté et de discrétion, cultivé avec force. J’ai tout de suite vu que tu étais un séducteur d’oiseaux, un loquace qui devenait taiseux dans les moiteurs de la futaie.

    La dernière fois où nous nous sommes vus, c’était au cœur de la féria dacquoise, à la Pena Robin Desbois, autour de Jeff Dubois et de quelques amis. Qui mieux que Léon Mazzella, dans « le bruissement du monde », peut évoquer une manière de vivre à laquelle tu n’aurais pas renié de t’adonner: « Égrener les bonheurs simples du quotidien – le passage d’oiseaux migrateurs, une lecture galvanisante, la dégustation d’un vin, la délicatesse du givre sur l’herbe, le souvenir d’une journée chez un grand écrivain, une musique bouleversante, le regard d’un chevreuil, une tarte aux mirabelles, un match de rugby, une scène de cinéma inoubliable – figure un chapelet d’émotions, rassemblées de la tranche de la main, comme des miettes sur la nappe afin de les thésauriser au creux de l’autre main. »

    Tu nous quittes quelques jours après Jean Salut, et quelques heures avant Claudia Cardinale … la classe jusqu’au bout.

    Jean-Claude Barens

  • Ma vie est une histoire de migration

    Dacquois d’origine, ayant vécu ses plus belles années de joueur au Stade Toulousain et passionné par la chasse aux oiseaux migrateurs, Jean Louis Bérot nous parle sans détours, de ses migrations.

    Unique fils d’un père Dacquois et d’une mère originaire de Saint Etienne d’Orthe, le jeune Jean Louis Bérot pouvait difficilement passer à côté de ce qui deviendra ses deux grandes passions, le Rugby et la Chasse. Après une enfance passée au quartier du Sablar, non loin de la maison de Pierre Albaladéjo, il migre vers la place Saint Pierre où ses parents tiennent un magasin de cycles. C’est dans ce quartier qu’il va faire la connaissance d’un autre fils unique, Jean Pierre Bastiat. « Nous nous sommes rencontrés là et nous sommes devenus frères » lance Jean Louis. De deux ans son ainés, Jean Louis débute le rugby dans la jeune école de rugby que l’US Dax vient de créer. Après ces années, bon élève, mais un peu dispersé, Jean Louis est envoyé par son père finir ses études secondaires à Toulouse. Par son activité de vendeur de cycles, le papa de Jean Louis échange avec un représentant de la firme Solex et Lambretta, par ailleurs dirigeant au Stade Toulousain. C’est ainsi que Jean Louis, à 17 ans, se retrouve en 1ère au Lycée Pierre de Fermat.

    « On logeait à sept dans un appartement… »

    Ayant déjà connu des sélections chez les jeunes, Jean Louis va signer au Stade Toulousain, à un moment où le club opère un changement de génération chez les joueurs. A cette époque où l’argent était rare, le club loge Jean Louis avec sept autres joueurs… dans un deux pièces. Très vite, le dacquois va faire ses premiers pas en équipe première. Il en profite pour se diriger vers des études de kinésithérapeute. Pendant ses dix saisons au Stade, Jean Louis Bérot va connaitre les honneurs des sélections avec le XV de France. Pour autant, rien ne peut l’empêcher de revenir dans ses chères Landes pour chasser le canard, la bécasse ou la palombe. On ne le sait peut-être pas, mais le grand joueur et incontournable dirigeant dacquois est aussi un inconditionnel de la chasse aux gibiers migrateurs. Pour mesurer le poids de sa passion, Jean Louis nous évoque une anecdote. « Après une tournée en Nouvelle Zélande en 1968, je profite de courtes vacances dans l’hiver pour revenir de Toulouse afin de chasser canards et bécasses. Le tournoi des cinq nations 1969 se profile et son premier match contre l’Ecosse. Bien qu’ayant pris part à la tournée, à ce moment-là de l’année, je me soucis plus des heures de passages, que de celles des annonces de la sélection. Quand la composition d’équipe est annoncée à la radio, je suis sur l’Adour en barque… et en panne de moteur. Quand j’arrive au pont de Tercis, le moteur sur le dos, j’entends mon père qui m’appelle inquiet, car il fait nuit depuis longtemps. Il est accompagné d’Alex CAZALIS, un célèbre journaliste local. Tous les deux m’informent que je suis sélectionné et sont surpris de ma réaction. En effet, ma principale préoccupation du moment est de réparer mon moteur… »

    Le staff médical, c’était Andrieu et Bérot !

    Au cours de sa carrière internationale, Jean Louis va retrouver ses amis dacquois Jean Pierre Lux, Claude Dourthe et son « frère » Jean Pierre Bastiat. Il y vivra des tranches de vies assez mémorables. Les tournois et les tournées vont se succéder. Les tournées du XV de France duraient un mois et demi à cette époque. Au cours d’une d’entre elles, en Nouvelle Zélande, la couverture médicale était assurée par la charnière Bérot/Andrieu. Le Dr Jean Andrieu, ouvreur de Graulhet et Jean Louis Bérot, demi de mêlée, composaient le staff médical… « Avec Jeannot, on trimballait le nécessaire dans une cantine en fer, dans tous les hôtels de Nouvelle-Zélande, qui manquaient cruellement d’ascenseurs… Le staff médical, c’était Andrieu et Bérot ! Quand on pense aux conditions dans lesquelles évoluent les joueurs actuels, on se dit que c’était dingue ! »  Après les tournées, ce sont les tournois qui procurent des moments d’exceptions à Jean Louis. Une autre facette du personnage qu’on connait peu, Jean Louis est un grand chanteur. « J’avais un peu plus de voix que d’autres, je dirais … » déclare Jean Louis, même s’il avoue avec humilité que son ami André Dassary, célèbre chanteur d’opérette, lui avait proposé un jour de s’inscrire au conservatoire à Paris. En janvier 1971, après une victoire de la France contre l’Ecosse, avec quelques joueurs, ils font un passage à l’Olympia, chez un amateur de rugby, un certain Bruno Coquatrix.

    Sur la scène de l’Olympia…

    Le propriétaire de l’Olympia propose aux joueurs une visite des coulisses. « Ce soir-là, Marcel Amont effectue un tour de chant. Je demande à Mr Coquatrix si je peux monter sur scène et me voilà, aux côtés de Marcel Amont sur la scène de l’Olympia. Je prends le micro et je commence à chanter. Avec beaucoup de finesse, Marcel Amont me laisse continuer devant un public conquis et mes coéquipiers aux anges. Je lui ai quand même rendu le micro, afin qu’il finisse son spectacle (rires)… quel souvenir !! »

    Comme tout bon migrateur, à l’issue de sa carrière Toulousaine, Jean Louis va revenir nicher dans sa ville de Dax. Alors qu’il avait commencé à pratiquer sa spécialité à Toulouse, c’est à Dax qu’il va se lancer dans le thermalisme, une activité qu’il ne connait pas bien. En délicatesse avec une épaule, il n’enchainera pas les saisons avec l’US Dax. Après une courte période où il se consacre seul à son établissement, c’est comme entraineur que Jean Louis va d’abord œuvrer dans son club formateur. A deux reprises, de 1979 à 1981 et de 1983 à 1985, il va prendre les rênes de l’équipe fanion. Il connaitra les joies d’encadrer les hommes, mais aussi la difficulté de faire des choix et d’être à la hauteur des attentes de toute une ville.

    Une présidence tournante.

    Après son expérience d’entraineur, c’est aux côtés de ses amis internationaux qu’il va prendre le destin de l’US Dax en main. Sur le principe d’une présidence tournante, le club va éviter les conflits entre ces quatre personnalités fortes. Le glorieux passé du club est lourd à porter, notamment quand les instances annoncent la professionnalisation du rugby, en 1995. « Ça a été un choc. On ne savait rien des conditions. Même le trésorier de la FFR de l’époque ne savait pas comment cela allait se passer…  Ensuite, tout s’est accéléré. Les joueurs ont commencé à partir vers les clubs qui offraient des salaires à la hauteur de leurs moyens. Je crois que nous, dirigeants plutôt bienveillants qui avions le souci d’aider des jeunes à devenir des hommes, avons été effacés au profit des agents et de l’argent… » Celui qui pleure la disparition de son « frère » Jean-Pierre Bastiat et de ses amis Jean-Pierre Lux, Claude Dufau et Jean Louis Azarète ces derniers mois, a un regret : « j’aurais sincèrement aimé que l’on puisse trouver des investisseurs, des repreneurs ou que nous puissions nous regrouper, pour que les jeunes de nos Landes puissent continuer à rêver de rugby dans notre territoire… »  Qui sait ? Peut-être qu’un jour, une nouvelle migration se posera dans les Landes pour penser à un avenir du Rugby Landais…

    Laurent TRAVINI       Landes Rugby Magazine     mars 2022

  • Bas de tableau, toute une histoire

    Petit Poucet un peu égaré dans la jungle du rugby professionnel, voilà plus de deux décennies que l’USDAX se bat pour conserver sa place à cet échelon du sport national. Deux périodes ont cependant redonné un bel enthousiasme au club et de la joie à ses supporters : celles de Marc Lièvremont (2005-2007) & de Jeff Dubois (2022- 2025) Malgré une embellie passagère dans l’entre-deux en 2012, c’est toujours en fond de tableau que nous avons bataillé, échappant même par deux fois à des relégations, (certains clubs s’étant montrés peu vertueux), avant de chuter inexorablement dans le monde amateur, et renaître par la suite. Dans toute cette trajectoire, les efforts réalisés par les joueurs, les staffs, les dirigeants, les encadrants, les bénévoles, pour revenir ou se maintenir à ce niveau, doivent être considérés comme précieux et respectés. Autant qu’hier qu’aujourd’hui. Ceux qui marquent l’histoire d’un club, le plus souvent, agissent clairement et énoncent discrètement.

    Le 23 novembre 2007, le journaliste Jean-Louis Aragon, écrivait dans le journal Le Monde :

    « Le club, qui a fourni de nombreux joueurs au XV de France, occupe la dernière place du championnat, avant de recevoir Auch, samedi. Aucun Dacquois n’oserait le dire ni peut-être même le penser, mais Dax, 20 000 habitants, est au rugby français ce que la gare de Perpignan était, pour Salvador Dali, le centre du monde. Albaladéjo, Dourthe (Claude), Lux, Bérot, Bastiat, Rodriguez, Lescarboura, Lacroix, Roumat, Dourthe (Richard), Pelous, Ibañez, Magne, Mignoni, Lièvremont (Thomas) : tous n’ont pas été baptisés dans les eaux de la Fontaine-Chaude qui fait la fierté de la première ville thermale française, mais tous font partie des 36 joueurs et glorieux héros que l’US Dax a fourni au XV de France. Et comme si le tribut de la sous-préfecture des Landes n’était pas suffisant, voici que la Fédération française décide d’emprunter un de ses deux entraîneurs, Marc Lièvremont, pour en faire celui des Bleus depuis que Bernard Laporte est parti au secrétariat d’Etat aux sports. Alors que le club venait de retrouver l’élite du Top 14, après cinq ans d’absence, le nouveau patron des Bleus n’aura pu assister qu’aux deux premières journées, soldées par deux défaites et la dernière place du classement. Au moment d’affronter l’avant-dernier, Auch, samedi 24 novembre, Jean-Philippe Coyola, l’entraîneur restant, se veut rassurant. « Ça fait deux ans qu’on a mis en place notre projet ensemble, avec Marc, il y a donc continuité, explique Jean-Philippe Coyola. Quatre-vingts pour cent de l’équipe n’a jamais connu ce niveau et il nous faut un temps de rodage. Dax et Auch vont lutter contre la descente et celui qui gagnera prendra un ascendant. Il ne faut donc pas passer à côté. » L’affrontement contre les Auscitains sera, pour le public dacquois, la première véritable occasion de voir à l’oeuvre l’une des vedettes de l’équipe, Thomas Lièvremont. « Quand j’ai signé ici, je ne savais pas que Dax monterait dans le Top 14, c’était forcément lié au plaisir d’être entraîné par mon frère », confie celui qui fera équipe, en troisième-ligne, avec le troisième frère, Matthieu.

    « Des grands joueurs, il y en a toujours eu ici. Pendant cinquante ans, on était comme Toulouse maintenant »,assure fièrement Dindin, un fidèle supporter. « Dax est presque le trou du cul du monde mais c’est un village un peu plus grand que Tyrosse. Ce n’est donc pas illogique qu’il y ait plus d’internationaux au mètre carré », s’amuse Jean-Louis Bérot, le demi d’ouverture aux 21 sélections en Bleus, entre 1968 et 1974. Pour l’ancien président de Dax, la force du club est que plusieurs générations se sont côtoyées sur le terrain, créant une forte émulation. Jean-Pierre Bastiat, international à 32 reprises, de 1969 à 1978, voit une explication dans les traditions sportives des Landes, notamment taurines. « Il faut savoir qu’ici, tout le monde jouait au rugby sur les places publiques ou dans les cours de récréation, se remémore le deuxième-ligne. Quand ailleurs on trouvait un bon, ici on en trouvait cent. La sélection était donc très dure et seuls les meilleurs continuaient. »Malgré tous ses héros, Dax n’a jamais réussi à être champion de France. « Beaucoup d’entre nous ont tout gagné, même le grand chelem, et ça reste mon grand regret, plus pour la ville que pour moi », se désole encore Jean-Pierre Bastiat. Mais le pire reste la demi-finale perdue contre Toulouse, en 1996. « C’est rageant, parce qu’on avait une équipe superbe avec Ibañez, Roumat, Rodriguez, Magne, Dourthe, et tous ces jeunes d’alors ont explosé, mais dans d’autres clubs », se souvient cruellement Jean-Philippe Coyola, alors entraîneur adjoint d’un certain Jacques Ibañez, le père de Raphaël. Il ne reste plus à la grande famille dacquoise qu’à attendre « que ce club mythique retrouve ses heures de gloire, ce qui ne saurait tarder » ainsi que l’augure Raphaël Ibañez.

    Jean-Louis Aragon *

    Journaliste au Monde de 1994 à 2011, Jean-Louis Aragon est mort des suites d’un cancer, le 3 novembre 2023, à Pons (Charente-Maritime), à l’âge de 71 ans. Né à Pau (Pyrénées-Atlantiques) le 19 mai 1952 dans une famille originaire de Jaca (dans la communauté autonome d’Aragon, en Espagne), il a suivi des études de lettres modernes à Pau, à Toulouse, à Madrid et à Salamanque, construisant une impressionnante érudition littéraire et artistique. Contrebassiste dans de petites formations de jazz, puis restaurateur, il a abordé le journalisme par la face technique. Il a participé à l’existence éphémère mais intense et innovante du quotidien Le Sport, en 1987-1988, dont plusieurs journalistes, par la suite, ont rejoint la rédaction du Monde. Ce fut son cas, et il collabora largement à la rubrique sports.

    Jean-Claude Barens

    Photo David Le Déodic.

  • BLOG INFOS – Bulletin météo

    Alors que le réchauffement climatique préoccupe presque tous les dirigeants de la planète, nous voilà confrontés à l’USD, à des températures négatives, comprises entre -5 et -9 en plein mois d’août. Nos vaillants rouge et blanc, ont eu beau se démener du côté de la Drôme, impossible de les faire remonter. Ce n’est pas simple, comme disait ma grand-mère, d’avoir le froid dessus. Ça paralyse un peu, quand on voit que ceux qui nous précèdent sont toujours en maillot de bain. En 2008, l’institut Météo France a mis en place le principe de « température ressentie » pour aller au-delà de la température de l’air mesurée et inclure d’autres éléments. Cette mesure vise à mieux appréhender la température que ressent le corps humain en fonction de plusieurs facteurs. Le froid et le beau temps ne sont pas seulement affaire de météorologistes. Mais l’origine de ces fluctuations, ne doit en aucun cas être perdue de vue. Les épais cumulus directionnels ont déréglé le climat, et créé une instabilité, provoquant des coulées d’air arctique. Des hommes ont été emportés par des torrents de boue. Des hautes pressions ont causé des éruptions volcaniques et une forte réfrigération estivale. En matière de climat, il y a quantité d’idées reçues. Par exemple, concernant les trous dans la couche d’ozone, ce ne sont pas les pets des vaches qui sont responsables …mais leurs rots ! Il y a donc des situations, où il est impératif de resituer les responsabilités au bon endroit. Nos garçons vont lutter, cela ne fait aucun doute. Mais il est assez cocasse de se battre collectivement pour rattraper des points que l’on n’a pas perdu sur le terrain. Souhaitons qu’à l’hiver arrivé, nous soyons remontés dans des températures d’été !

    Allez l’usdax !

  • La direction de l’us Dax, entre mutisme et escobarderie. Billet d’humeur # 1

    La langue française est d’une richesse insoupçonnée. Elle possède cette palette de nuances, qui permet de trouver le mot juste, le mot le plus adapté à une situation. Celui qui va vous permettre de ne pas tomber dans l’outrance. Concernant le cœur du réacteur directionnel de l’US DAX, je crois avoir déniché cette pépite linguistique, directement issue de la fin du XVIIIème siècle : l’escobarderie. D’emblée, pour qu’il n’y ait pas de confusion : aucun lien avec Pablo Escobar, le baron du cartel de Medellin, et fournisseur officiel dans les années 80 de tous les poudrés de la planète. L’escobarderie, et je m’en réfère à l’académie française, à une définition subtile : « Action ou parole équivoque, simulation ou dissimulation adroite destinée à tromper sans mentir précisément ». Si j’écris : « ils sont menteurs », je prends un risque. Selon le contexte, traiter quelqu’un de menteur peut être diffamatoire et porter atteinte à sa réputation. Mais, le plus souvent, traiter quelqu’un de menteur peut simplement être l’expression d’une opinion. J’en resterai cependant à l’escobarderie. Ce terme, délicieusement suranné, est élégant même s’il désigne une conduite qui n’est pas des plus glorieuses. L’escobarderie est soluble dans la communication. Escobarder, doit même figurer, sous des formes actuelles, dans les recommandations qui composent le catéchisme du communicant. Vouloir démontrer sans cesse sa sincérité et son implication. Vouloir embellir la réalité. Attirer l’attention. Pratiquer la position de l’omissionnaire. Utiliser des mots enrobés dans un lexique ambigu, afin de les retourner par la suite, à son avantage. Toujours à la lisière de la manipulation. À l’âge du numérique, internet et des réseaux sociaux, les aspects du mensonge sont banalisés. C’est l’ère de la fausseté. C’est un constat qui ne cesse d’inverser l’ordre rationnel et éthique des choses. Comment peut-on donc dépasser cet état :  en démontant les rouages et en les éclairant pour qu’ils soient lisibles de tous ? En recueillant suffisamment d’éléments livrés dans la sphère publique, qu’ils soient écrits ou enregistrés. Je m’attacherai à ça et la matière ne manque pas. Je ne sais pas si ça intéressera grand monde, mais je serai cette vigie. A la recherche d’une loyauté, d’une transparence, qui éviterait d’être pris pour des benêts, et de laisser s’installer des supputations, des rumeurs, qui sont rarement favorables aux mis en cause et qui ont tendance à nuire à l’ensemble de la communauté. Maintenant à savoir si l’escobarderie fait autant grandir le nez de Pinocchio, que le mensonge ? La question reste entière.

    Jean-Claude Barens

    « Cul rouge un jour, cul rouge toujours »