EPITAPHE POUR UN STAFF

Epitaphe pour un staff démantelé,

Ils étaient unis. Autant dans la traversée de la division Nationale, où un souffle nouveau vint gonfler les voiles d’un club en difficulté, qu’au début d’une navigation difficile dans l’océan tempétueux de PROD2, lorsqu’une violente lame de fond vint déferler publiquement, mettant en cause leurs compétences professionnelles pour exercer à ce niveau-là. Le coup était violent et la plaie ouverte, profonde. Elle ne se refermera jamais. Ils étaient unis, et formèrent famille. L’une de celles à qui on ne touche pas un cheveu lorsqu’elle est attaquée. Sans doute y eut-il des entêtements, des crispations, des tout-à-l’égo mal canalisés. Trop d’inflexibilité. Sans doute. Nous avons tous conscience qu’Il fallait évoluer, changer, se structurer, par nécessité d’écrire une nouvelle page mais surtout pour être en conformité avec les exigences du cahier des charges de la LNR. Aucune hésitation, pour mettre cela au crédit de l’équipe arrivante. Dans ce tumulte il est inconcevable d’oublier les historiques, qui ont mis la main à la poche durant des décennies, loin des caméras et sans qui nous croupirions dans ces eaux stagnantes où des clubs au passé glorieux ont été lentement effacés de la carte du rugby professionnel.

Le 04 Brumaire de l’an IV (1795), le Directoire est mis en place en réaction au régime de la Terreur, où bien trop de têtes tombent facilement dans le panier du bourreau. Boissy d’Anglas à la Convention, s’exprimait ainsi : « Nous devons être gouvernés par les plus riches, car ce sont eux les meilleurs ». Hallucinante affirmation où l’on entendait déjà les premières incantations d’un monde d’affairistes ! Un Directoire qui veut couper des têtes, en cherchant un pouvoir absolu, le fait aujourd’hui avec moins de sang, mais avec grand cynisme. Concernant Jeff, il va utiliser la vieille technique de l’isolement, pour le pousser à ne plus avoir les conditions favorables à l’exercice de sa mission, et en jouant sur sa fidélité envers ses adjoints. Pour finalement conclure que c’est bien lui qui a décidé de partir. Sois certain Jeff, que l’on t’aime. Pour ta passion du jeu de mouvement, pour tes racines familiales qui depuis Gaston innervent encore les terrains dacquois, pour ton humanisme, pour ta droiture, pour ton sourire et ta disponibilité. Culturellement, l’USDAX n’appartient pas à ceux qui décident, mais reste un bien commun. Le poids de l’histoire sera toujours plus fort, que les mirages du bling-bling. Nous serons là, pour soutenir ce groupe de joueurs, beau fruit qui a mûri au soleil de cette belle aventure. Eux, que tu as choisi, seront présents pour nous relier encore à toi. Je reprendrai mon abonnement, pas de gaité de cœur, mais pour apporter mon modeste écot et avoir surtout le droit jouissif d’ouvrir ma gueule. Pour observer, exercer une vraie curiosité, interroger, savoir, comprendre voire dénoncer ou faire pression. En ne perdant pas de vue, que ceux qui nous gouvernent nous doivent des comptes, de la transparence, et un minimum de sincérité. Je vais mettre en place ce qu’il faut pour en témoigner largement sur les réseaux sociaux et via d’autres canaux. Nous prendre pour des imbéciles, serait de la part de la Direction, une erreur fatale. Je dis « nous », car je suis bien sûr que d’autres se reconnaitront dans mes propos.

Et finalement, ce Directoire omnipotent, ne devrait-il pas se recentrer, sur ce qui est son rôle premier : construire un budget adapté à la PROD2. Les sponsors nationaux promis, ont dû poser leur valise à Saubusse, aux « Thermes » d’un suspens de plusieurs mois. La situation est cocasse. Et ce bus, qui à défaut de rouler sur l’or, faillit ne pas rouler du tout, provoquant la risée du monde du rugby. Deux saisons à la quinzième place budgétaire, c’est largement moins bien que le sportif, qui a su faire tellement mieux avec le peu que vous lui avez octroyé. A votre niveau, vous n’avez jamais quitté la zone de relégation. Attention à la descente. L’USDAX mérite mieux que des calculs portés par des Fouquier Tinville en culottes courtes, à qui il va falloir expliquer qu’un collectif humain n’est pas un jouet au service d’ambitions personnelles. Une page aurait pu se tourner. Elle a été déchirée.

Jean-Claude Barens, amoureux de ce club depuis des décennies.

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