QUEL GÂCHIS !

Ce constat terrible devrait être dans la bouche de tout un chacun, pour peu qu’il aime notre club, et qu’il soit attentif aux derniers rebondissements.

Ce qui est plus étonnant, c’est que l’on puisse l’entendre dans le narratif de l’équipe dirigeante. Petite musique lancinante du « finalement c’est lui qui n’a pas voulu rester ». Il est assez consternant d’étaler des regrets à propos d’une situation que l’on a soi-même créée. Des désaccords étaient réels. C’est un fait que pas grand monde n’ignorait. Mais, ce que je peux savoir, provenant de milieux non autorisés à s’exprimer publiquement, c’est que la manigance était ficelée depuis un bon bout de temps. Même avec des signes d’ouverture de la part du staff sortant, tout semblait inéluctable. Il paraitrait même que certains financeurs auraient conditionné leur engagement à la présence de Jeff. S’il est toujours là, pas d’argent sur la table. Je pense que, à la suite du dénouement juridique, les langues se délieront, et que nous en saurons un peu plus. Nous aurons besoin d’un éclairage fort pour purger les colères.

Concourir le 15 septembre pour le prix du meilleur staff de PROD2 et être collectivement enfouis le 15 mai, avouez que l’ensevelissement est brutal. Une sorte de Pompéi, où le volcan directorial contenait sa lave depuis des mois.  Le temps d’ouvrir des yeux écarquillés sur notre parcours depuis la Nationale, qu’il nous faut déjà les refermer. Les tenants de l’ovalie dacquoise veulent jouer les matamore, marquer les esprits et mettre à leur main leurs employés. En septembre 2023, l’intervention fracassante, du Président fraichement nommé, devant les médias, après deux défaites certes cuisantes, n’augurait rien de bon. Tout le monde aurait largement compris qu’une mise au point sévère ait lieu dans le huis clos d’un vestiaire. L’humiliation publique est le carburant idéal des rancœurs. Ce staff était issu d’une histoire forte qui ne touchait pas les nouveaux arrivants. Seuls les bons résultats vont éloigner le couperet.

Ce qui m’arrache le cœur, c’est que ces hommes-là, n’auront jamais une sortie digne, devant un public qu’ils ont fait chavirer avec leurs joueurs, durant presque trois saisons. Aucune page ne sera tournée. Elle flottera écornée, dans le vide, au gré des vents à venir. Mais pour moi, et pour d’autres sans doute, elle sera là comme un repère dans notre histoire commune. Elle aura capté les rayons de soleil d’une renaissance, et les larmes fusionnelles entre un public et ses joueurs. La notion d’injustice n’est pas vaine. Ce bousillage en règle, je le supporte mal. Tout le bien que vous nous avez fait, ne tombera pas dans les oubliettes de l’histoire. Et peut-être qu’un jour, la vie rimera avec retour. Qui sait. Nous trouverons bien l’occasion de vous témoigner, en dehors des cercles officiels, toute notre gratitude. Le staff au grand complet, les intendants dévoués et bénévoles, les petites mains actives, toutes celles et ceux qui ont su remettre de l’humain, au centre du jeu de rugby. Un si beau sport qui doit renouer avec l’utilité sociale quand les liens sociaux se défont au profit des liens économiques. « Vous tenez des propos passéistes, ringards, pas adaptés au monde professionnel », diront certains. Je les lis et les entends déjà. Je m’en moque allègrement. Sachez toutefois que je resterai ce vieux con, engagé, et fortement attaché à des valeurs, que personne ne pourra venir marchander, tant elles sont inaliénables. Jean-Claude Barens, libre, passionné hier, aujourd’hui et encore demain.

10/05/24 DAX Rugby Pro D2 USDax contre SU Agen

Photo : Isabelle Louvier – Journal Sud-Ouest

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