Depuis que je suis revenu dans la région, et pour la dixième année consécutive, je viens de m’acquitter du règlement de mon abonnement. En Tribune d’Honneur, génialement rebaptisée Adour. Quelques centaines d’euros qui vont venir participer au fonctionnement de la SASP USDAX RUGBY LANDES et de fait, me rendre parfaitement légitime, à pratiquer un exercice que j’aime bien : poser publiquement des questions ! Soulever le tapis, pour que la poussière ne s’y amasse. Décrypter les éléments de communication à tendances soporifiques associés à des roulages dans la farine. Mettre au grand jour les floutages de gueule. Avoir la curiosité de comprendre comment ça fonctionne au cœur de la machine. Le chassé-croisé de ce début d’été, voit le staff Dubois être dégagé de Boyau, et le staff Etcheto prendre sa place. D’après les médias encore autorisés avant que le Politburo ne leur demande le silence, une procédure de licenciements pour fautes graves, était sur la table. Que s’est-il passé depuis dans la moiteur des salons directoriaux ? Peut-on s’interroger quant au sort réservé à ces hommes ? Débouchera-t-on sur un communiqué de presse en trompe-l’œil où la perspective et le point de vue sont manipulés pour créer une illusion convaincante. ? Qui tient le manche de cet épilogue ? Autant de questions qui méritent une réponse. J’ai également hâte, que Jeff puisse s’exprimer. Je pense que je ne suis pas le seul.
Les méthodes pour évincer sont multiples. Isoler en faisant le vide autour de celui dont on veut se séparer, fuir l’échange, faire porter à l’autre un choix qu’il n’a pas réellement fait. Pour en bout de ligne, en arriver à un Licenciement, où l’on va probablement trouver que l’homme est rebelle et peu obéissant. Au même titre que ses adjoints.
Bien évidemment, comme dans toute communauté humaine, les avis divergent et des divisions se font jour chez les supporters : celles et ceux qui soutiennent aveuglément l’équipe dirigeante, celles et ceux qui pensent qu’il faut tirer un trait sur les faits récents et se projeter, comme si de rien n’était, sur la saison qui arrive. Et enfin, celles et ceux, qui ont du mal à digérer la méthode employée, qui la trouvent injuste, violente, et qui le font savoir, sans pour autant délaisser le soutien aux joueurs et hommes de terrain. On retrouve sensiblement les mêmes divisions que celles que l’on peut lire dans les commentaires Facebook d’après-match : les prompts à ériger une statue quand ça va très bien, et à creuser une tombe profonde dès que l’équipe est dans le dur. Et là, les attaques ad hominem pleuvent. De l’autre côté, des supporters sans doute plus sensibles aux histoires humaines, moins consommateurs du résultat à tout prix, respectueusement critiques sur le jeu proposé quand cela s’impose et toujours au soutien même dans la tempête.
Ces trois dernières saisons, j’ai passé des centaines d’heures le long des mains courantes, à suivre les entrainements, à avoir le sentiment d’être le témoin privilégié d’une belle histoire qui s’écrivait. A vivre intensément les épisodes dramaturgiques autant que la liesse collective. Ce matin, j’ai tenté d’y retourner. Cela s’est avéré impossible. Il y a une brisure. Je n’en veux pas aux joueurs, même si certains n’ont pas été exemplaires. Ni même au nouveau staff, qui vient mener une mission qu’on lui a confié. Mais j’ai l’impression que mon rapport à ce club, à sa culture, m’a été confisqué. Je me contenterai d’aller aux matches, de faire vivre un blog que je viens de créer, et de m’intéresser encore plus au parcours de l’équipe Espoirs. C’est par là que nous survivrons. J’ai toujours été engagé, et mon positionnement ne sera donc pas neutre, et déclenchera des polémiques J’aime bien ça finalement. Tant que cela reste dans l’esprit du pamphlet.
Si je vous dis que j’aime beaucoup Jeff Dubois, il va être difficile pour moi de vous parler de ses qualités sans qu’il y ait soupçon d’impartialité ou d’aveuglement. J’ai donc décidé d’interroger Chat GPT, pour savoir ce que l’intelligence artificielle affichait, en dehors de toutes contingences partisanes. A la question « connaissez-vous Jeff Dubois ? » voici la réponse : « Jeff Dubois incarne un parcours exemplaire dans le rugby : joueur formé dans les Landes devenu entraîneur ambitieux, il est loué, pour son jeu offensif, basé sur la créativité et le dynamisme. Salué pour sa capacité à obtenir de bons résultats avec des moyens limités, il est considéré comme un « magicien » par la presse locale, ayant su insuffler un nouvel élan à l’US Dax. Reconnu pour ses succès à tous les niveaux, son départ de Dax ouvre désormais de nouvelles perspectives dans sa brillante carrière ». L’IA a déjà intégré le discours de la direction, en précisant « son départ ». Les faits à venir, devraient apporter quelques éléments nouveaux.
En tout cas, sois certain Jeff, que je militerai de toute mes forces, pour que tu reviennes un jour, quand les conditions seront favorables, mener à bien le projet que tu avais imaginé pour notre Club. Être fauché en plein vol, ne peut que conduire à la tristesse et à la frustration.
Je voudrai citer Daniel Herrero, s’exprimant lors d’un entretien avec le philosophe Michel Serres, Agenais et grand amoureux du ballon ovale :
« Un jeu devenu métier. Les joueurs festoient moins. Ils robotisent leur musculature. Ils industrialisent leurs comportements, y compris leur camaraderie. On ne porte pas encore, pour l’instant, de jugement. Mais on sent bien tout simplement qu’il y a un prix à payer, que l’on ne formule pas bien. »
Le groupe né autour de toi, échappait à ce constat. Vouloir garder précieusement cette fibre culturelle dans notre club, en l’associant aux réalités du professionnalisme aurait pu être la base même d’un projet, en refusant de tout céder aux machines à cash. Travailler sur une identité forte, singulière, qui peut être le point d’appui de partenariats adaptés. Plutôt que de courir après des modèles totalement inadaptés à nos réalités et à notre histoire.
Jean-Claude Barens, cul rouge toujours !
Merci à l’ami LASSERPE, pour ce dessin paru dans le journal Sud-Ouest.

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