Il y a un an. Jour pour jour. Le soleil inondait le stade Jean Dauger de Bayonne, pour recevoir en grande pompe le derby des Landes. Les projecteurs étaient braqués sur une rencontre, qui prenait tout à coup une autre dimension. C’était la première fois qu’un match de PROD2 était programmé sur un créneau horaire du samedi après-midi, habituellement réservé au Top 14, en pause ce week-end-là. Cette délocalisation n’avait pas fait que des heureux, et finalement tout le monde s’était rangé derrière cette décision de la Direction, adossée à une pseudo consultation et étayée par un triple argumentaire : une exposition médiatique exceptionnelle, la migration en masse du peuple rouge et blanc pour venir encourager son équipe dans un magnifique stade de Top 14 et faire une opération financière jugée fort juteuse. Les supporters étaient là, heureux et bruyants, et l’écriture du scénario sportif fut magistrale. Un Noa Nene stratosphérique, un groupe dacquois inspiré et sur de ses forces. Des montois anesthésiés. Des caméras partout, un Président qui se met en avant, tel un papillon attiré par la lumière. Une journée qui fut une grande et belle fête populaire pour le rugby dacquois. Mais, permettez-moi, avec du recul, de trouver le revers de la médaille extrêmement dommageable. Alors que nous étions en Nationale quelques mois auparavant, et malgré une première saison exceptionnelle l’année de notre montée, étions-nous préparés à recevoir ce flot de considérations dithyrambiques, cette avalanche d’images. Nous voilà classés brutalement dans une catégorie qui pourrait faire penser que nous sommes presque un gros club, alors que les réalités sont à mille lieux, et que notre budget est bien en dessous des standards de la division. Et ce match va avoir de terribles conséquences pour la suite de la saison. Tout d’abord, nous perdons nos deux facteurs X : Jope pour de longs mois. Noa, au vu de sa chevauchée diffusée en boucle, est coopté par l’équipe de France. Il en reviendra blessé, et ne retrouvera jamais son niveau, avant finalement de subir une intervention chirurgicale. Il est aujourd’hui titulaire au Stade Français, preuve que la pioche était bonne. Cruelles pertes pour nos lignes arrières. Ce résultat avec bonus nous fait remonter au classement, et flirter avec le Top 6. Beaucoup se mettent à penser alors, que nous allons reproduire l’exploit, car ça en fut un, de la saison précédente, en nous qualifiant une nouvelle fois pour les barrages, et pourquoi pas à domicile, tant qu’on y est. Malgré nos moyens limités et nos blessés non compensés. Ce cap imaginé par beaucoup, restera dans les têtes des supporters, et peut-être un peu dans celles des joueurs. Bien évidemment, finir 11ème va apparaitre comme un terrible échec. Obtenir le maintien était sorti de l’évidence, alors que lors de notre première saison en PROD2, tout le monde nous voyait lutter pour ne pas descendre. Aucun joker médical, malgré les demandes, si ce n’est Viliame Tutuvuli. On comprendra plus tard pourquoi. Et que penser de la fameuse opération financière XXL ? Rien, puisqu’aucun chiffre n’a été communiqué. Même pas la fréquentation au stade. A en croire les soubresauts financiers de fin de saison, tout conduit à penser que la recette n’a pas été miraculeuse.
Cette journée nous a placé sur une orbite, qui n’était pas la nôtre. L’opération de communication était réussie mais sans avoir derrière, les moyens financiers pour subvenir à la vie ordinaire d’un club, que l’on a voulu montrer bien plus imposant qu’il ne l’était réellement.
Ironie de l’histoire, ce 16 novembre, jour pour jour, un an plus tard, Jeff, évincé avec la brutalité que l’on sait, va jouer avec le FC Grenoble un nouveau match délocalisé. Cette fois-ci par le RC Vannes, au Roazhon Parc de Rennes, devant 30 000 spectateurs. Bien évidemment que ça va être très compliqué, contre l’ogre qui descend de Top 14. Mais ça reste un match, et tout peut arriver. Là nous ne sommes plus dans les 100 kms aller-retour du derby, mais bien à 850 kms du Stade des Alpes ! Tiens, l’arbitre du match, Ludovic Cayre, sera le même que l’an dernier.
Vendredi soir, première victoire à l’extérieur pour nos valeureux dacquois à Biarritz. Bravo à tout ce groupe et à son encadrement. Décidément, les voyages sur la côte basque à la mi-novembre, nous réussissent à merveille.

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