De l’escobarderie à la tromperie

Billet d’humeur # 2

Il y a quelques mois, je me permettais d’introduire dans l’arène rugbystique dacquoise, un mot tombé un peu en désuétude : l’escobarderie, définie comme une action ou parole équivoque, simulation ou dissimulation adroite destinée à tromper sans mentir précisément. Ce terme délicieusement suranné, tentait de caractériser avec un brin d’humour, le comportement de notre édifice directionnel. Je prenais toutes les précautions d’usage, pour ne traiter personne de menteur. Nous étions cependant quelques-uns, à avoir observé des dérives et à le dire. Nous avons parfois été vilipendés par le camp des bénis oui oui, accusés de vouloir abimer le club, d’avoir aveuglément défendu Jeff et son staff lors de son éviction brutale, d’être d’acharnés partisans. J’ai même été traité « d’ultra ». On sent bien que parfois le sens de la nuance n’a pas été distribué à tout le monde. Et avec cette éternelle ritournelle, qui revenait sans cesse : « Puisque vous critiquez tout, et que vous êtes si forts et donneurs de leçons, vous n’avez qu’à mettre des ronds, et ensuite vous pourrez parler ! ». Curieuse réaction, qui résume assez bien le climat dans lequel nous évoluons. Ou plutôt dans lequel nous régressons.

Côté direction, au bout d’un moment, la position de l’omissionnaire devient éreintante, la manipulation de plus en plus lisible, et quand les faits viennent exploser à la gueule de tout le monde, ceux qui étaient dans une étrange cécité, miraculeusement, se mettent à ouvrir les yeux. Escobarder s’était transformé en tromper. Aujourd’hui les réactions sont parfois étonnantes, entre théorie du complot, assassinat des instances régulatrices, comparaison avec d’autres clubs, dont personne ne connait les dossiers. Pas plus que nous ne connaissons le contenu du notre, et des fautes que l’on peut supposer suffisamment graves en constatant l’ampleur de la sanction. Et pendant ce temps, les courageux combattants qui constituent l’édifice sportif gardent le cap dans la tempête, suent sang et eau pour défendre notre tunique rouge et blanche. Admirables d’abnégation et de solidarité. Mais jusqu’à quand ? Comment supporter que tous les efforts consentis, soient balayés d’un revers de communiqué par l’indigence de ceux qui sont censés tenir la barre. L’avenir s’assombrit, et il faut que les responsables de ce naufrage s’éloignent. Facile à dire derrière un écran, objecterez-vous. Certes, mais comment est-il possible de poursuivre ainsi.

D’ailleurs, pour que ceux qui nous quitteront ne se retrouvent pas désœuvrés, j’ai un conseil à leur donner : rejoindre dans les meilleurs délais le village de Moncrabeau, en pays d’Albret. C’est le pays de la prune et de la vigne et c’est aussi celui de la menterie, que l’on nomme ici, le mensonge. Et ça ne date pas d’hier, puisque c’est en 1748, que fut érigé le célèbre Fauteuil des menteurs, un trône en pierre situé place de la Halle. Tous les ans, le Roi des menteurs y est élu. Chacun des candidats vient s’installer, à tour de rôle sur le trône et raconte sa petite ou grosse menterie, après avoir prononcé la phrase suivante : « Je jure de travestir la vérité, rien que la vérité, toute la vérité ! »

 Voilà enfin une compétition qui semble être à leur portée !

Pile of golden coins with Pinocchio on the shelf.

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