Auteur : jcbarens

  • Le rugby a-t-il encore une âme ?

    Intégralité de l’échange entre le philosophe Michel SERRES et Daniel HERRERO le 02 juin 2020.

    Le rugby est-il pour vous un sport mondialisé ?

    Michel Serres. Le rugby est au tiers ou au quart mondialisé. Parler de mondialisation est un abus de mot. Parler de Coupe du monde l’est aussi, lorsque des matchs de premier tour se soldent par des scores de 70 à 0. Certaines équipes jouent vraiment au rugby. D’autres, pas complètement. Il s’agit de la Coupe du tiers du monde.

    Daniel Herrero. J’irai plus loin. Nous nous sommes inventé une planète qu’on a baptisée Ovalie pour avoir la sensation d’une discipline qui couvre un très large territoire. Nous savons pourtant qu’en superficie, il est très réduit. Depuis la première Coupe du monde 1987, les cinq mêmes équipes européennes et les trois mêmes de l’hémisphère Sud se retrouvent toujours dans les derniers tours, jusqu’à la finale. En revanche, nous assistons à la promulgation de l’image planétaire du rugby. Nous montrons beaucoup de ce petit territoire au monde. En termes d’économie, en revanche, la Coupe du monde de rugby semble s’installer comme le troisième événement sportif de la planète, après les jeux Olympiques et la Coupe du monde de football. Or, et c’est l’angoisse, dans la réalité palpable du terrain, dans le nombre de joueurs, dans le décanter de l’élite, le rugby se trouve peut-être en situation de ralentissement.

    Quel est le meilleur vecteur de développement du rugby : son âme ou son côté spectaculaire et télévisuel ?

    Michel Serres. Posons une question préalable. Le rugby peut-il conserver ses valeurs avec l’évolution actuelle ? Étant donné les exigences corporelles, économiques, de salaire, peut-on dire que le rugby a conservé ses valeurs traditionnelles ?

    Daniel Herrero. Il s’agit du sujet majeur. Le rugby s’est bâti autour d’une pratique amateur en lien étroit avec des valeurs mises en ordre et en lois. En Angleterre, on ne jouait pas en championnat jusqu’en 1990. Il était hors de question de se mesurer pour être le premier. La mutation jeu-travail, entamée par les Français depuis longtemps, par le monde ovale dans les vingt-cinq dernières années, est cataclysmique. Un jeu devenu métier. Les joueurs festoient moins. Ils robotisent leur musculature. Ils industrialisent leurs comportements, y compris leur camaraderie. On ne porte pas encore, pour l’instant, de jugement. Mais on sent bien tout simplement qu’il y a un prix à payer, que l’on ne formule pas bien.

    Ces évolutions remettent-elles en cause les fondements du jeu, autour de l’engagement, du collectif et du courage ?

    Daniel Herrero. Au départ, le rugby ne générait pas la star car sa pratique sacralisait le groupe. L’essai arrivait en bout de route. Celui qui concluait cette aventure collective recevait la tape de satisfaction. C’était initiatique.

    Michel Serres. Daniel a raison. C’est devenu peu à peu un spectacle qui, au départ, ne l’était pas. Pourquoi ? Peut-être parce qu’il constituait la laïcisation de l’entraînement solidaire. Au fond, les rugbymen correspondaient à ces mousquetaires d’autrefois qui s’entraînaient physiquement à l’escrime, à l’équitation, pour faire la guerre. Ils avaient le sens de la communauté et de la solidarité. Plus que cela encore, il y a dans le rugby quelque chose que l’on ne trouve nulle part ailleurs : l’apprentissage du droit, le juridique. Tu pousses à l’extrême de la violence, mais tu t’arrêtes, et c’est essentiel, dès que l’arbitre se manifeste. Cette maîtrise de la violence constitue le premier apprentissage du droit. Le rugby fut pour moi ma faculté de droit. Le droit impose qu’à un certain moment des relations humaines la violence soit régulée par des lois. L’arbitre est probablement le premier joueur du terrain.

    Daniel Herrero. « Le rugby est ma faculté de droit… » C’est magnifique ! Sur nos terres du Sud, l’Anglais est arrivé et il a mis du droit là où c’était rude dans les comportements des hommes. Par ailleurs, pendant longtemps, l’arbitre ne sifflait pas. Quand il décelait une petite anomalie il levait le drapeau.

    Michel Serres. Tout le monde le regardait et fermait sa gueule. Comme je l’ai dit dans une interview : le journaliste ne doit jamais dire, « L’essai y était, l’arbitre l’a refusé. » Car c’est l’arbitre qui marque l’essai, et non le trois-quarts aile. La preuve : on dit marquer un essai, mais marquer sur le « tableau de marque ». C’est l’arbitre qui le marque.

    Daniel Herrero. L’essentiel n’est pas de déterminer s’il y a essai ou non. L’arbitre a estimé que… Donc, il a raison.

    Que penser dès lors de l’arbitrage vidéo ?

    Michel Serres. Pourquoi l’arbitre a-t-il toujours raison ? Pourquoi le juge n’a-t-il pas forcément raison, si je suis en procès avec Daniel ? Parce que si Daniel gagne le procès, je peux toujours faire appel de cette décision. Mais l’appel est impossible sur un terrain. On ne va pas refaire 150 fois le match. Si l’appel est impossible, l’arbitre ne peut pas avoir tort. Le droit est de l’ordre de la décision. Il n’est pas de l’ordre du fait. L’arbitre a toujours raison par définition.

    Daniel Herrero. L’arrivée de la vidéo nous séduit et nous trouble. Elle va objectiver ce que nous estimions non objectivable depuis cent cinquante ans. Aujourd’hui, on ne discute toujours pas une décision d’arbitre, même si l’on voit arriver les prémices de la métastase qui nous inquiète. Si l’on fait la comparaison avec nos amis footballeurs, les rugbymen sont d’une grande dignité. Cette année, dans le Tournoi, il y a eu deux ou trois décisions terribles. Les Gallois se sont fait blackbouler par une décision d’arbitrage. Après le match, ils sont restés dignes, stoïques. Ils ont salué les vainqueurs.

    Maintenant, l’arbitre fait ça (il fait le geste de l’arbitrage vidéo) pour savoir s’il y a l’essai ou non. Nous, à l’époque, on s’en foutait. Et, quand nous passions en groupe l’en-but adverse, nous annoncions « essai collectif ». Peu importe qui avait marqué. Parfois même, on utilisait ce mot suspect d’« essai anonyme ». L’arbitre commande la vidéo. Puis, le réalisateur du match, avec ses vingt-cinq caméras, montre les images, et au final le quatrième arbitre décide. La télé dicte la décision !

    Michel Serres. Qui prend la décision dans le monde contemporain ? La télé. En rugby comme en politique, dans le droit ou dans l’économie, tu as beau avoir raison, si le journaliste à la télé dit le contraire, c’est lui qui a raison. Le rugby renvoie à une image partielle de ce qui est l’arbitrage définitif dans nos sociétés, le média.

    Daniel Herrero. La pression médiatique est devenue insidieuse. C’est elle qui a fait qu’aujourd’hui on voit la balle les trois-quarts du temps, alors qu’avant on ne la voyait que la moitié ou les deux tiers du match. Dans les années 1970, on voyait quatre matchs du Tournoi et la finale du championnat de France. Dans les années 1980 se sont ajoutées les demi-finales. Maintenant, trois ou quatre matchs sont retransmis par week-end. La saison prochaine, Canal Plus possédera tous les droits de retransmission pour le Top 14 comme pour la Pro D2. Le rugby appartient à Canal Plus. On passe de l’existentiel au spectacle.

    Michel Serres. C’est à l’image de l’évolution de toute la société.

    Daniel Herrero. Cette évolution nous a rattrapés. Nous, les drôles de gens, étions un peu anachroniques. En 1995, Philippe Sella, athlète hors norme, meilleur joueur de la Coupe du monde, s’entraînait quatre ou cinq fois par semaine. À ses côtés, Frank Mesnel, alors international, s’entraînait deux fois par semaine. L’homme inséré dans la société pouvait prétendre disputer une finale de Coupe du monde avec un peu d’entraînement. Tout cela est dépassé. Nous sommes passés à l’étape de la robotisation des joueurs.

    Le spectacle n’est-il pas indispensable pour que le rugby survive et se développe ?

    Michel Serres. Ce que vous dites du rugby est vrai pour tout. Il en est par exemple de même pour la recherche scientifique. Si vous ne médiatisez pas ce que vous inventez, vous n’existez pas. Autrefois, on passait à la télévision parce qu’on était bon. Aujourd’hui, on est bon parce que l’on passe à la télévision. Ça change tout.

    Daniel Herrero. On a vu arriver la première star, peut-être Jean-Pierre Rives. Il a le look et, de plus, il faisait preuve d’un courage hors norme. Le visage en sang, le maillot blanc tout rouge. Autre joueur très brillant : Serge Blanco. Sur la fin de carrière, quand il était « number one », il nous prenait deux-trois minutes par match (Daniel se tient la cheville). Et pendant deux-trois minutes par match, les caméras nous montraient Blanco. « Que se passe-t-il, Serge est-il blessé », se demandait-on. C’était là des signaux. L’image est première, et par nature éphémère, superficielle. C’est la définition du spectacle.

    Michel Serres. De la même manière, la dernière élection présidentielle a été du spectacle. La politique est devenue du spectacle. Le rugby, la science… Je ne l’ai pas inventé. Guy Debord l’a dit avant moi.

    L’uniformisation guette-t-elle l’Ovalie ?

    Daniel Herrero. L’une des noblesses, ou des beautés, de l’aventure ovale consistait en ce mariage assez étrange entre l’âme du jeu et l’âme des peuples. Ce qui est dit là est un peu caricatural…

    Michel Serres. Mais il y a quelque chose de vrai.

    Daniel Herrero. On ne jouait pas au rugby à Agen comme à Béziers. Dans les années 1980 – ce n’est pas si vieux que cela -, tu mettais les All Blacks avec les maillots de l’Angleterre, tu sentais quand même que les Anglais n’étaient pas sur le terrain. De même avec les Gallois et le maillot vert des Irlandais. L’Irlandais, c’est le Catalan. Il est dans la pression, la compression, la surpression. Le Gallois est dans la construction, dans la créativité. En France, quand tu allais jouer chez les Basques du bas, ce n’était pas la même chose que chez ceux de Bayonne. L’Auvergnat, qui se préoccupe toujours de l’hiver prochain et de l’été à venir, ne pratiquait pas le même rugby à Clermont qu’au Puy. Aujourd’hui, cette beauté-là se rogne.

    Michel Serres. J’appelle cela la fable de l’huile et du fromage. Dans ses romans, Jean Giono raconte que ses parents ne se fournissaient pas en huile d’olive dans n’importe quel moulin. Eux achetaient l’huile qui provenait précisément d’un endroit, là. D’un coup, un Monsieur Lesieur a acheté toutes les huiles. Tout le monde a trouvé normal de consommer de l’huile d’olive normalisée. Quant au fromage… J’ai vécu dix ans à Clermont-Ferrand au début de ma carrière. J’ai vu les caves du saint-nectaire et du cantal fermer les unes après les autres sous la puissance du Bonbel, le fromage industrialisé. « Tiens, le fromage va se faire « normer » comme l’huile », me suis-je dit. Tout d’un coup, les consommateurs se sont révoltés. Les fromageries industrielles ont fait faillite. J’ai alors vu renaître le saint-nectaire, la fourme d’Ambert… La question fondamentale du monde moderne : va-t-on suivre le destin du fromage ou celui de l’huile ?

    En rugby, le risque de formatage est sérieux. Et si, par un retournement complet, demain matin, on disait : « On a déconné, tout le monde joue pareil, on s’ennuie, il n’y a plus de public… »

    Daniel Herrero. En termes de lecture du jeu et de rapport à l’adversaire, nous assistons ces cinq dernières années à une stagnation des stratégies. C’est le jeu le plus pauvre en termes de variété et d’articulation. Les All Blacks n’ont pas un jeu novateur. Mais il est plus volumineux par rapport au nôtre qui, lui, est plus réduit et étriqué. Avec Jonah Lomu, la porte avait beau être grande ouverte, il passait à travers le mur. Il y a mille ans, on l’aurait mis au frigo. Mais bon… Quand il passe à travers le mur, cela vaut tout de même cinq points à l’arrivée. Souvent, alors que tu as l’impression qu’un match sombre dans le purin, tu vois parfois pousser une fleur. Un Lomu ou un Caucaunibuca passe alors à travers tout le monde.

    Le rugby est-il une histoire d’homme ou de terroir ?

    Michel Serres. Question très difficile.

    Daniel Herrero. Cette question est troublante. Terre, terroir, c’est un univers qui fait germer l’homme. Le champion était le meilleur de son champ. Notre identité de base est le maillot. On l’a connu virginal. Dans les années 1980, on a commencé à y inscrire de petits trucs. Aujourd’hui, il est recouvert de huit, dix ou douze inscriptions.

    Ces maillots ne représentent plus rien, ils représentent simplement une économie. Si Michalak arrive à la fin, on en sort un autre. Il faudra même qu’on en fabrique d’autres.

    Michel Serres. Les transferts de joueurs entre équipes miment assez bien aujourd’hui les mouvements d’émigration. Quand je pars aux États-Unis, je suis un ouvrier émigré, d’une certaine manière. Quand tu émigres, il faut du courage au début. À la fin, tu tombes amoureux de quelqu’un, tu fondes une famille dans ce pays, tes enfants y naissent. Tu tricotes déjà ton appartenance.

    Daniel Herrero. Effectivement. Cela permet un mixage que j’aime bien. On l’a vu jusque dans l’équipe de France. À un moment donné, la paire de trois-quarts centre était composée du Néo-Zélandais Tony Marsh et du Sud-Africain Brian Liebenberg, là, au centre où nous avons une généalogie épaisse d’hommes brillants, culturellement esthètes, porteurs à la fois de Jean Moulin et de Vercingétorix. Là, Laporte nous a mis deux golgoths sortis d’une culture aux antipodes de la nôtre au sein de l’équipe de France. Ces deux humains-là aimaient aussi les gens avec qui ils étaient.

    Depuis le début de cette conversation, vous n’avez pas prononcé les mots collectif, solidarité, communauté, alors que le rugby est très lié à ces notions…

    Michel Serres. Il s’agit de tout cela lorsque je parle de droit. Le droit c’est la construction du collectif. Si je fais une connerie, cela va coûter trois points à mon équipe, et je sais aussi que quatorze mecs vont pâtir de ma bêtise. Là, le péché est collectif.

    Daniel Herrero. Il y a des nuances dans les synergies. Nous sommes en présence d’une communion industrialisée. Quand tu vois les Biarrots ou les Agenais sortir du vestiaire, tu prends peur. Tu as l’impression qu’ils vont manger le monde. Ils vont quelque part sublimer leurs richesses dans leur volonté de ne pas mourir. Quand tu vois les All Blacks, ça dégage. Les Anglais, quel qu’ils soient, ça déménage en termes de robustesse et d’appétence sociale. Cette âme-là est encore forte.

    Michel Serres. Si tu joues au rugby, elle ne peut pas ne pas être là. C’est l’essence du jeu. Sinon, il faut jouer à la pétanque.

    Un peu de prédiction : à quoi ressemblera le rugby dans dix ans ?

    Michel Serres. Il faut demander cela à ma concierge. Avec ses cartes, elle est très forte ! De toute façon, l’invention est imprévisible. Elle part toujours d’un endroit complètement inattendu. Qui pouvait par exemple imaginer qu’un jour, alors que l’on pratiquait le rouleau ventral, un sauteur en hauteur effectuerait son saut le dos tourné à la barre ? C’était inouï. Tout un coup, un mec qui s’appelle Fosbury passe sur le dos et gagne dix centimètres.

    Tournons la question autrement : percevez-vous autant d’émotion face à un match de rugby ?

    Michel Serres. Il ne faut pas poser la question comme cela à un homme de soixante-seize ans. Je ne représente pas l’avenir. Il faudrait demander à un gosse de quinze ans. Ma réponse n’est pas pertinente.

    Daniel Herrero. Pareil pour moi. Mon matelas d’émotion est assez fourni. Aujourd’hui, nous voyons du sérieux, du rigoureux, du sincère en dimension musculaire, et des tampons à haute densité. On est séduit par cela. Mais la séduction et l’émotion impliquent plus que de la performance et de la technicité. Elle inclut de l’âme.

    Michel Serres. On a bradé le rigoureux. À force de voir des films américains, on est devenus des Anglo-Saxons. Ce qu’on appelait le french flair est un peu terminé.

    Daniel Herrero. Est-ce que les minots qui jouent aujourd’hui s’emmerdent ? Je ne sais pas. On en voit des heureux.

    Michel Serres. Pas beaucoup.

    Daniel Herrero. Soyons honnêtes alors. On en voit des satisfaits.

    Michel Serres. Dans un film italien, un homme, après avoir fait l’amour avec une femme, lui demande à la fin : « Contenta ? » Elle répond :« contentina » (rires). Oui, « pas trop déçue ».

    On vous sent pessimiste vis-à-vis du rugby actuel…

    Michel Serres. Nous n’avons pas dressé un tableau pessimiste du rugby. Nous avons cherché à caractériser une évolution. Nous avons connu une histoire et nous avons essayé de vous la raconter, en évitant le plus possible les jugements de valeur. Je n’ai pas envie de passer pour un vieux con qui répète qu’avant c’était mieux, car ce n’est pas vrai. Mais je suis obligé de dire que j’ai vécu dans un monde qui n’était pas celui-là. Maintenant, je m’adapte. Ce monde n’est pas plus mauvais qu’un autre. Mais, ce n’est pas le même jeu, pas la même culture, pas la même conduite. Le rugby est un bon cas pour lire le monde moderne.

    Daniel Herrero. Le rugby est un beau champ humain. Nous constatons juste que nous sommes un peu industriels.

    Michel Serres. Cette évolution est le reflet de la société.

    Daniel Herrero. Elle n’est pas génératrice d’angoisses mortifères pour le futur. Certaines évolutions, il est vrai, peuvent générer quelques irritations. Le lien social m’apparaît fort. La qualité du spectacle m’apparaît recevable. Il y a malgré tout du bonheur chez les hommes. Le bonheur de s’insérer dans quelque chose qu’ils aiment. Le rugby est un jeu existentiel. Or la dimension spectacle remet un peu en cause cet existentialisme.

  • LICENCIEMENTS en questions

    Depuis que je suis revenu dans la région, et pour la dixième année consécutive, je viens de m’acquitter du règlement de mon abonnement. En Tribune d’Honneur, génialement rebaptisée Adour. Quelques centaines d’euros qui vont venir participer au fonctionnement de la SASP USDAX RUGBY LANDES et de fait, me rendre parfaitement légitime, à pratiquer un exercice que j’aime bien : poser publiquement des questions ! Soulever le tapis, pour que la poussière ne s’y amasse. Décrypter les éléments de communication à tendances soporifiques associés à des roulages dans la farine. Mettre au grand jour les floutages de gueule. Avoir la curiosité de comprendre comment ça fonctionne au cœur de la machine. Le chassé-croisé de ce début d’été, voit le staff Dubois être dégagé de Boyau, et le staff Etcheto prendre sa place. D’après les médias encore autorisés avant que le Politburo ne leur demande le silence, une procédure de licenciements pour fautes graves, était sur la table. Que s’est-il passé depuis dans la moiteur des salons directoriaux ? Peut-on s’interroger quant au sort réservé à ces hommes ? Débouchera-t-on sur un communiqué de presse en trompe-l’œil où la perspective et le point de vue sont manipulés pour créer une illusion convaincante. ? Qui tient le manche de cet épilogue ? Autant de questions qui méritent une réponse. J’ai également hâte, que Jeff puisse s’exprimer. Je pense que je ne suis pas le seul.

    Les méthodes pour évincer sont multiples. Isoler en faisant le vide autour de celui dont on veut se séparer, fuir l’échange, faire porter à l’autre un choix qu’il n’a pas réellement fait. Pour en bout de ligne, en arriver à un Licenciement, où l’on va probablement trouver que l’homme est rebelle et peu obéissant. Au même titre que ses adjoints.

    Bien évidemment, comme dans toute communauté humaine, les avis divergent et des divisions se font jour chez les supporters : celles et ceux qui soutiennent aveuglément l’équipe dirigeante, celles et ceux qui pensent qu’il faut tirer un trait sur les faits récents et se projeter, comme si de rien n’était, sur la saison qui arrive. Et enfin, celles et ceux, qui ont du mal à digérer la méthode employée, qui la trouvent injuste, violente, et qui le font savoir, sans pour autant délaisser le soutien aux joueurs et hommes de terrain. On retrouve sensiblement les mêmes divisions que celles que l’on peut lire dans les commentaires Facebook d’après-match :  les prompts à ériger une statue quand ça va très bien, et à creuser une tombe profonde dès que l’équipe est dans le dur. Et là, les attaques ad hominem pleuvent. De l’autre côté, des supporters sans doute plus sensibles aux histoires humaines, moins consommateurs du résultat à tout prix, respectueusement critiques sur le jeu proposé quand cela s’impose et toujours au soutien même dans la tempête.

    Ces trois dernières saisons, j’ai passé des centaines d’heures le long des mains courantes, à suivre les entrainements, à avoir le sentiment d’être le témoin privilégié d’une belle histoire qui s’écrivait. A vivre intensément les épisodes dramaturgiques autant que la liesse collective. Ce matin, j’ai tenté d’y retourner. Cela s’est avéré impossible. Il y a une brisure. Je n’en veux pas aux joueurs, même si certains n’ont pas été exemplaires. Ni même au nouveau staff, qui vient mener une mission qu’on lui a confié. Mais j’ai l’impression que mon rapport à ce club, à sa culture, m’a été confisqué. Je me contenterai d’aller aux matches, de faire vivre un blog que je viens de créer, et de m’intéresser encore plus au parcours de l’équipe Espoirs. C’est par là que nous survivrons. J’ai toujours été engagé, et mon positionnement ne sera donc pas neutre, et déclenchera des polémiques J’aime bien ça finalement. Tant que cela reste dans l’esprit du pamphlet.

    Si je vous dis que j’aime beaucoup Jeff Dubois, il va être difficile pour moi de vous parler de ses qualités sans qu’il y ait soupçon d’impartialité ou d’aveuglement. J’ai donc décidé d’interroger Chat GPT, pour savoir ce que l’intelligence artificielle affichait, en dehors de toutes contingences partisanes. A la question « connaissez-vous Jeff Dubois ? » voici la réponse : « Jeff Dubois incarne un parcours exemplaire dans le rugby: joueur formé dans les Landes devenu entraîneur ambitieux, il est loué, pour son jeu offensif, basé sur la créativité et le dynamisme. Salué pour sa capacité à obtenir de bons résultats avec des moyens limités, il est considéré comme un «magicien» par la presse locale, ayant su insuffler un nouvel élan à l’US Dax. Reconnu pour ses succès à tous les niveaux, son départ de Dax ouvre désormais de nouvelles perspectives dans sa brillante carrière ». L’IA a déjà intégré le discours de la direction, en précisant « son départ ». Les faits à venir, devraient apporter quelques éléments nouveaux.

    En tout cas, sois certain Jeff, que je militerai de toute mes forces, pour que tu reviennes un jour, quand les conditions seront favorables, mener à bien le projet que tu avais imaginé pour notre Club. Être fauché en plein vol, ne peut que conduire à la tristesse et à la frustration.

    Je voudrai citer Daniel Herrero, s’exprimant lors d’un entretien avec le philosophe Michel Serres, Agenais et grand amoureux du ballon ovale : 

    « Un jeu devenu métier. Les joueurs festoient moins. Ils robotisent leur musculature. Ils industrialisent leurs comportements, y compris leur camaraderie. On ne porte pas encore, pour l’instant, de jugement. Mais on sent bien tout simplement qu’il y a un prix à payer, que l’on ne formule pas bien. »

     Le groupe né autour de toi, échappait à ce constat. Vouloir garder précieusement cette fibre culturelle dans notre club, en l’associant aux réalités du professionnalisme aurait pu être la base même d’un projet, en refusant de tout céder aux machines à cash. Travailler sur une identité forte, singulière, qui peut être le point d’appui de partenariats adaptés. Plutôt que de courir après des modèles totalement inadaptés à nos réalités et à notre histoire.

    Jean-Claude Barens, cul rouge toujours !

    Merci à l’ami LASSERPE, pour ce dessin paru dans le journal Sud-Ouest.

  • Délirium trémens … voire très gros.

    Le rugby marche-t-il sur la tête ?  Nous sommes habitués aux feuilletons d’inter-saison, où le BOPB est souvent aux premières loges. Directement ou indirectement, il a encore trouvé sa place cette année. Uzair Cassiem, non conservé par l’Aviron Bayonnais, attise les convoitises, malgré ses 35 ans sonnés. Jean-Baptiste Aldigé, à la recherche permanente du bon coup médiatico-financier, crie sur tous les toits qu’il a obtenu les services de l’international sud-africain. On sort l’artillerie communicationnelle à coup de messages de bienvenue et visuels aux petits oignons. Bref, l’affaire est dans le sac, et le précontrat signé. Mais à l’éclosion des premiers bourgeons, Uzair trouve que le montage financier proposé par la Gave Connection, est truffé de bizarreries, et qu’il ne mangera pas de ce pain impur. Il l’annonce publiquement, provoquant l’ire de Jibé de Nice, qui aussitôt brandit l’indemnité de 200 000 euros, prévue en cas de rupture du fameux pré-contrat. Notre cher Cassiem estime que rester au Pays basque serait finalement la meilleure des idées. Pas de déménagement, le climat, la stabilité. Quand on quitte Bayonne, et qu’on veut rester au Pays basque pour pratiquer du rugby pro, on se tourne vers qui ? Biarritz évidemment. Le BOPB vient de passer, dans un épisode agité, de la descente au maintien, avec un milliardaire controversé qui a mis plein de sous sur la table. Sauf, que les finances du nouveau maintenu, demandent à être rigoureusement observées. Et l’indemnité, ça ne passe pas du tout ! Voilà notre Uzair bien contrarié. Après Nice et Biarritz, partir à la recherche d’un troisième club à l’ambiance littorale, genre triangle des Bermudas, aurait été parfait pour lui. Pensez donc, c’est Oyonnax, qui se met sur le coup ! Côté plage et crème à bronzer, ce n’est pas caractéristique. Le temps presse, et le club de l’Ain signe le puissant n° 8 pour une saison. JBA voit rouge, et lance tout une armada d’avocats, juristes et hommes de Loi, pour tenter de récupérer son trophée. Un été sans faire la une des affaires extra sportives, c’est totalement impensable pour lui. Et nous voilà repartis dans un scénario ubuesque. Dans ces feuilletons d’inter-saison, affligeants pour l’image du rugby, celui de l’USDAX, est tout aussi inquiétant, humainement et symboliquement. Mise à pied conservatoire d’un staff avec un contrat en cours jusqu’en juin 2026, anticipant un licenciement pour un degré de faute à déterminer. C’est assez hallucinant. Pendant ce temps, un autre staff est à la manœuvre, sans que le sort du précédent ne soit acté. La méthode est brutale, et irrespectueuse des hommes qui ont œuvré pour être au niveau où nous sommes. Le rugby hexagonal multiplie ce genre d’exhibitions, où les mots sont supplantés par des chiffres, où les hommes demeurent les pions d’un système. Jusqu’à quand ? Les soi-disant modèles économiques, qui reposent souvent sur du vent, ne sont pas loin d’être soufflés par un retour au réalisme. Celui qui a toujours préféré bâtir sur la distance, plutôt que profiter dans la minute.

  • LES VALEURS DU RUGBY

    Loin de l’image d’Epinal d’un sport de villages du Sud-Ouest, le rugby a connu au cours des trente dernières années une expansion qui a considérablement fait évoluer sa pratique. Avec la professionnalisation en 1995, il est entré dans l’ère du sport moderne avec toutes les conséquences que cela implique. « Les valeurs du rugby », cette antienne ressassée ad libitum par les médias a fait son trou dans l’idiome hexagonal. Elle a des échos on ne peut plus positifs : le rugby carburerait à la solidarité, la passion, la discipline, l’intégrité, et au respect. Cette feuille de route magnifiquement humaniste a d’ailleurs été intégrée en 2009 à la Charte du Jeu de World Rugby. Il faut regarder ce caractère décrit comme unique avec prudence, car il fait sous-entendre que les autres sports ne peuvent se prévaloir de réunir autant de qualités morales. Pour en avoir pratiqué d’autres, je n’ai pas eu l’impression d’être très éloigné de ceux prônés pour le ballon ovale. Mais par opposition, on pense spontanément au football, ce sport collectif qui aurait sacrifié sa pureté originelle sur l’autel du fric et du chacun-pour-sa-gueule, et les joueurs, à quelques saints près, ne songeraient qu’à amasser et à faire étalage de leur condition de nouveaux super-riches, à coups de fringues, bagnoles et montres de luxe, épouses-mannequins promenées comme des trophées. L’idée de leur ressembler peut apparaitre comme terrifiante.

    « Rugby de village, d’école de commerce, de métropoles, professionnel, amateur, du midi rouge, de riches industriels, blanc, black, beur, inclusif, pour les gros, les petits, les minces, les garçons, les filles… Le rugby ne rentre dans aucune case. Quand on croit le saisir, un petit coup de reins et il vous met dans le vent et va à dame. » Le rugby à ce grain de folie, ce supplément d’âme, cette singularité qui nous rapproche, et nous fait vibrer ensemble. Mais ce sport s’est trop longtemps abrité derrière des valeurs de façade, en contradiction avec ses actes. Les valeurs, mieux vaut les défendre que les vendre. Il est peut-être aussi un peu victime de ses propres mythes, plus ou moins entretenus, plus ou moins actuels. Face à l’image désastreuse forgée par les récents épisodes d’abus sexuels, d’insultes racistes ou de violences, le rugby a une chance de se redéfinir, en prenant des mesures concrètes et en réaffirmant les principes d’unité, de respect et de solidarité qui ont toujours fait sa force.

    Comment ne pas être indigné par l’attitude de Jaminet et sa détestable saillie, au cœur d’une troisième mi-temps éthylo poudrée, qui a précipité dans la nuit argentine, deux autres joueurs du XV de France dans une affaire sordide, faisant la une de tous les médias nationaux et internationaux Nous sommes bien loin de l’image d’un Bastareaud bêtement agressé par sa table de chevet. « Ces multiples débordements qui touchent aujourd’hui le rugby international comme amateur, illustrent le fait que notre sport souvent considéré comme une exception est aujourd’hui, comme l’ensemble des secteurs, sous la menace des dérives de notre société actuelle. La vraie question est de savoir si notre sport à vraiment un jour été un eldorado, notamment dans le monde professionnel, ou si ces dérives ont toujours existé, mais ont été trop longtemps couvertes par les institutions. Il est indéniable que le rugby, sport de plus en plus médiatisé, subit aujourd’hui une pression intense, non seulement pour performer sur le terrain, maintenir l’engouement autour du sport, mais aussi pour incarner des valeurs humaines irréprochables. L’éducation, dès le plus jeune âge, doit être au cœur de cette démarche. Les jeunes joueurs doivent apprendre non seulement les techniques de jeu, mais aussi l’importance du respect de l’adversaire, de l’arbitre, et des autres joueurs en dehors du terrain Le rugby doit redevenir ce qu’il a toujours été : un modèle de respect, de discipline, et de solidarité. Pour que notre sport au ballon ovale continue de faire rêver les générations futures, et qu’il redevienne l’école de la vie. » Il est également évident qu’il faut apporter une attention toute particulière, aux joueurs qui ont grandi et vécu à des milliers de kilomètres d’ici, et qui en arrivant chez nous, ont à absorber brutalement un choc culturel, une autre langue et des pratiques dans la vie de tous les jours, qui sont souvent bien éloignées de leurs repères.

    Comment ne pas être scandalisé par ce qui se passe à Biarritz, club mythique à la dérive et nostalgique de ses heures de gloire. L’argent n’a-t-il à ce point pas d’odeur que des idéologues de la droite identitaire, exilés fiscaux, puissent prendre le contrôle d’un club de rugby en difficulté financière ? Charles Gave et Pierre-Edouard Sterin se sont succédé en endossant le costume de sauveurs du BOPB. Qui peut croire qu’ils étaient là pour l’amour de l’équipe et de ses valeurs ?  Se seraient-ils autant empressés pour secourir un club situé entre Guéret et La Souterraine ? (Je salue les Creusois que j’adore !). J’en doute fort. Comment ne pas craindre que le ballon ovale serve à court terme de cheval de Troie à une entreprise idéologique qui viendrait gangréner le cœur même de l’organisation. Argumentum ad nauseam !  Biarritz et ses brillances immobilières, devient le terrain de jeu idéal pour ceux qui ont soif de gros profits, quitte à trouver facilement des arrangements moraux avec les préceptes frugaux prônés par leur religion. Tous deux, sont de preux chevaliers de l’ »anti-wokisme », admirateurs d’Elon Musk, fermement anti-IVG, adeptes de la théorie du grand remplacement et fervents militants de la femme au foyer qui va faire beaucoup d’enfants. Trumpettes de la renommée, vous êtes bien mal embouchées. D’autant plus attristant, que c’est dans des milieux proches que grenouillaient les assassins de Federico Martin Arramburu. Le premier sauveur a aujourd’hui repris ses billes Hong Kongaises, en cédant quelques picaillons au chevalier servant Aldigé, missionné pour aller explorer d’autres terres littorales où l’immobilier est tout aussi florissant, et réaliser ainsi quelques montages astucieux. Voire douteux ? Very Nice ! Au niveau des montages, Pierre-Édouard Stérin avance lui ses pions avec méthode. Et dans l’ombre d’Aguilera, une nouvelle page de sa saga est en cours d’écriture. Tout cela l’absorbe au point de ne pas se rendre par deux fois, devant la Commission d’enquête parlementaire à l’Assemblée nationale. Un bel exemple de citoyenneté pour nos jeunes. Mais l’exilé fiscal n’en a cure. Pourtant l’homme ne semble éprouver qu’une jouissance atrophiée quand on lui parle de rugby. Ce qui doit rassurer les basques, c’est que Stérin est plus proche d’une fusion avec Lourdes, qu’avec l’Aviron Bayonnais, et le « Gloria in excelsis Déo » chanté avant les vêpres, aura du mal à faire chavirer Aguiléra. La Pena Baiona peut dormir tranquille ! A moins que le tube de l’été, pour parodier Fernandel, ne soit « Fiducie aussi … ». Avant la projection sur le rocher de la vierge, de Maïdernier tango au BO ? Personne ne bronche, tout le monde cajole. Il a l’argent. Beaucoup d’argent. Qui oserait donc se mettre l’Edouard dans le nez ? Difficile de smartboxer dans la même catégorie. Ça passe crème, sans châtiments. J’en entends déjà dire : il est milliardaire, il fait ce qu’il veut de son fric, et la politique, qu’elle soit de droite ou de gauche, on s’en fout, ça n’a rien à faire dans le sport ! Pas vraiment entendable, quand on touche à certaines valeurs évoquées plus haut. Confondre politique et action politique est une erreur. La démonétisation du personnel politique et son Tous pourris, est un ferment populiste de haute intensité et une cible tellement facile. D’ailleurs, si on se penche sur l’histoire du rugby, son implantation particulière en France, surtout dans le Midi et le Sud-Ouest, est en partie liée à l’action politique : face au football promu par les patronages catholiques, en Normandie et en Bretagne notamment, les élus républicains, radicaux-socialistes du Midi avaient plutôt investi le rugby. Sans compter que c’était aussi un sport d’instituteurs qui véhiculaient des valeurs humanistes. Symbole de cet investissement politique loin d’être univoque : la finale du Championnat de France de rugby en 1936, une semaine après la victoire du Front Populaire aux législatives. Narbonne, terre d’élection de Léon Blum, l’emporte sur Montferrand, le club de la famille Michelin.

    Comment ne pas être choqué par tous ces staffs qui explosent comme du pop-corn, sous la pression d’actionnaires, et qui deviennent une variable d’ajustement dans des affirmations de pouvoir ? Que de départs par la petite porte : Chico Fernandes à Béziers, promis à une place dans le staff, Pierre Caillet malgré des résultats plus que probants, Sébastien Calvet et Adel Fellah à Agen, Jeff Dubois, Eric Artiguste, Hervé Durquety à Dax, Marc Dal Maso parti dans l’anonymat le plus total, idem pour le trio d’entraineurs montois, tous balayés en un tournemain nerveux, et probablement bien d’autres encore …Chico ne mâche pas ses mots : « La trahison est immense… Une personne est clairement à l’origine de mon éviction, la page ASBH se tourne aujourd’hui pour moi d’une manière absolument dégueulasse, n’ayons pas peur des mots… après 14 ans à m’être saigné pour ce club ». La déchirure est profonde. Seuls Pémméja à Nevers et Julien Sarraute à Colomiers ont eu la reconnaissance méritée, et une sortie à la hauteur de leurs investissements durant plusieurs saisons. Deux clubs stables avec des Présidents fortement implantés, qui ont su bâtir sur la durée, et considérer les hommes avec un autre regard.

    Comment ne pas être troublé, par l’accueil réservé à nos joueurs venant des îles. Au peu d’attention apportée à leur environnement, par le club qui les reçoit. Aux carences de leur suivi dans la vie quotidienne, quand ils sont victimes de blessures. Il serait urgent pour certains de revoir le film « Mercenaire » de Sacha Wolf où Toki Pilioko, qui a porté notre maillot rouge & blanc, excelle à l’écran. Certaines attitudes et comportements, ne rendent pas fier l’humain que je suis.

    Comment ne pas être surpris du manque d’imagination de nos décideurs, quand il s’agit de travailler sur l’identité du club. Engloutis dans le diktat de l’image, fascinés par les lumières de Canal Plus, n’ayant foi qu’en la tactique de TikTok, tout va se définir à l’aune d’un facsimilé de ce qui existe au plus haut niveau, des artifices du Top14 aux locutions de l’Hémisphère sud. Sans aucun discernement. La matière patrimoniale, dans un club historique, est riche et dense. Encore faut-il en saisir toute la singularité, les ramifications et les prolongements dans la sphère locale. Avoir la patience de prendre le pouls de celles et ceux qui vibrent fort pour nos couleurs. Que penser du fait que toutes les forces vives bénévoles soient progressivement évacuées sans ménagement ? A peine consacrés petits artisans, on veut nous faire croire que le CAC40 est à portée de mains. Je suis admiratif de la modestie d’Aurillac, qui navigue dans les mêmes eaux budgétaires que nous. Après une saison douloureuse, sauvés sur le gong du match de barrage, la première décision forte prise par leur Président fut de reconduire son staff ! Et chez eux, les nuages budgétaires ne s’amoncellent jamais pour faire tomber une pluie de sanctions. Plus de vingt ans qu’ils sont à ce niveau. Sans faire de vagues qui submergeraient les burons. Une gestion tranquille. Aux antipodes de ce que nous vivons actuellement ! C’est amusant de voir à quel point milliardaires et investisseurs sont si peu attirés par le Cantal !  Attention que ce ne soit pas nous qui héritions des faux mages !

    Jean-Claude Barens, qui digère mal la situation, qui l’exprime librement et qui ne pardonnera jamais à ceux qui l’ont provoquée, tout en restant inconditionnellement au soutien de notre équipe.

  • LA VALSE DES STAFFS

    Vincent LAGASSE, ancien espoir et coach des Crabos du CO, se bat depuis des années contre la maladie de Crohn. Le texte qu’il livre en 2022 est une analyse au cœur du réacteur d’un club professionnel, constat placé dans une perspective humaniste. Compte tenu de son combat au quotidien face à cette maladie invalidante, les décisions brutales de quelques responsables égocentrés, paraissent bien dérisoires. Je voulais vous faire partager ses écrits sur le rôle des hommes de terrain.

    « Quel entraîneur n’a pas connu la spirale négative, les défaites qui s’enchaînent, la phase descendante ou bien ce que certains appellent la » fameuse fin de cycle » ? La solution miracle consisterait alors à limoger, à remercier, à virer, à couper la tête de celui qu’on accuse comme seul responsable de ces naufrages.  

    Le Castres Olympique a bien prouvé il y a quelques semaines que conserver le manager en lui donnant d’autres prérogatives peut être bénéfique plutôt que de le tenir comme seul coupable. En redistribuant simplement les cartes, les rôles et les missions de chacun, et en lui laissant le choix de ses hommes pour mette en œuvre son projet. Travailler en bonne intelligence avec le potentiel et les facultés de chacun doit permettre à un staff d’œuvrer collectivement en vue de rechercher l’efficience, l’efficacité et la performance.   Ne serait-il pas judicieux, prioritaire de prendre également en compte l’usure que génère ce rôle et ce poste d’entraîneur ? L’usure mentale, psychique, physique, physiologique contribuent à annihiler la motivation d’un coach à cause de la pression du résultat. Rajoutés à ces éléments la charge de travail, les longs déplacements, le stress, la peur de perdre sa crédibilité et son emploi, devraient faire l’objet d’une prise en compte par le président d’un club. Une régénération nécessaire doit être proposée par les décideurs au sein d’un club en vue de préserver la motivation d’un entraîneur qui doit rester entraînant.  L’usure générée par ce poste peut conduire certains à voir leurs relations détériorées avec leurs joueurs mais également avec leurs administratifs voire avec leurs supporters et parfois leurs présidents. Plutôt que de tirer sur la corde jusqu’à l’usure totale et la rupture, les présidents de clubs seraient bien malins d’installer des périodes de repos destinées à cette prise de recul salvatrice et gage de plaisir retrouvé.  Parce qu’il n’est pas non plus aisé de retrouver un club, de rebondir après avoir subi des échecs et avoir fait l’objet d’un licenciement ou d’une rupture de contrat à l’initiative du club. La carrière d’un entraîneur reste fragile et précaire autant que celle des joueurs. Ces décisions sont ainsi lourdes de conséquences pour une famille, pour un sportif, pour son avenir. Il faut ici en appeler à l’intelligence et à la bienveillance des supporters pour ne pas invectiver leurs entraîneurs : s’ils aiment leur club, ils aiment leur coach. Les supporters devraient même soutenir et protéger leur entraîneur pour influer positivement sur l’équipe. La pérennité d’un entraîneur est gage de stabilité sur du long terme, certains clubs l’on bien compris. Il faut aussi être bien conscient que manager ne revient pas seulement à faire courir des garçons après un ballon ou bien à poser des plots. Sont en jeu l’image d’un club, sa politique générale, le pilotage de plusieurs staffs (médicaux, sportifs, intendants, administratifs) mais également le management et l’entraînement des joueurs, la gestion d’un projet de jeu et bien d’autres composantes.  Entraîner et manager ne s’improvise pas, c’est un métier qui se forge dans le temps. La communication y est prépondérante, la posture, le positionnement, le sens oratoire, les mimiques, la tenue vestimentaire, tout se travaille pour véhiculer l’image d’un bon chef. La capacité d’un homme à gérer ses émotions est mise à rude épreuve. Faire preuve d’exemplarité devient rapidement primordial pour qu’un entraîneur puisse asseoir autorité et légitimité. Les présidents de clubs devraient réfléchir au système qu’ils créent eux-mêmes, le système qui déprécie, ce système qui dévalorise et qui rend seul responsable celui qui détient le même diplôme et les mêmes pratiques que son successeur. Cela laisse perplexe, d’autant plus qu’un entraîneur qui n’a jamais été viré devient une espèce en voie de disparition. En effet, certains présidents rappellent ceux dont ils s’étaient séparés quelques temps auparavant, allant même répéter la pratique à plusieurs reprises avec le même homme, alternant entre le costume de sauveur providentiel, de pompier de service et celui de vilain petit canard, responsable de tous les maux.  

    Alors, Messieurs les présidents, un peu de réflexion sur le système de bannis que vous êtes en train de fabriquer. »

  • FALSTAFF & SANSTAFF

    La situation est abracadabrantesque. On ne peut pas céder sans cesse à la tristesse, alors je m’arroge le plaisir d’une rapide digression, sans aucune intention de faire étalage d’une culture générale particulière. Un plaisir personnel, qui divertira peut-être, celles et ceux qui en ont le goût.

    J’inspire un grand coup. Et soudainement, Shakespeare m’inspire. FALSTAFF m’apparait. Le personnage créé par Sir William, est un comique de fiction, qui à travers tous ses excès, est l’incarnation des tendances profondes de l’humanité. Beaucoup d’entre nous pourraient se sentir plutôt à l’aise dans le costume. Me prend donc l’idée d’en créer un autre, aux antipodes du mythe Shakespearien. Je vais l’appeler SANSTAFF. Autant Falstaff est hédoniste, gaillard, et fêtard, autant Stanstaff est propre sur lui, adepte de la flexibilité, sûr de son fait et semblant vivre à l’ombre du marbre de ses réussites. Ces deux personnages de fiction, n’ont rien en commun, si ce n’est peut-être d’être un chouïa menteurs et fanfarons.

    Quelques éléments pourraient venir compléter le portrait de ce personnage, dont le rôle est à pourvoir rapidement. :  La surexcitation, se sentir né pour vivre dans la lumière, l’imperméabilité à l’émergence des doutes. Que les comédiens potentiels se manifestent rapidement. Le choix du metteur en scène n’est pas encore fixé, ni réellement la tendance qui sera donnée à la pièce : tragédie ou tragi-comédie ?

    Profil souhaité : la quarantaine rugissante.

    Je suis impatient d’assister au spectacle !

    Jean-Claude Barens, un soir d’humeur badine.

  • QUEL GÂCHIS !

    Ce constat terrible devrait être dans la bouche de tout un chacun, pour peu qu’il aime notre club, et qu’il soit attentif aux derniers rebondissements.

    Ce qui est plus étonnant, c’est que l’on puisse l’entendre dans le narratif de l’équipe dirigeante. Petite musique lancinante du « finalement c’est lui qui n’a pas voulu rester ». Il est assez consternant d’étaler des regrets à propos d’une situation que l’on a soi-même créée. Des désaccords étaient réels. C’est un fait que pas grand monde n’ignorait. Mais, ce que je peux savoir, provenant de milieux non autorisés à s’exprimer publiquement, c’est que la manigance était ficelée depuis un bon bout de temps. Même avec des signes d’ouverture de la part du staff sortant, tout semblait inéluctable. Il paraitrait même que certains financeurs auraient conditionné leur engagement à la présence de Jeff. S’il est toujours là, pas d’argent sur la table. Je pense que, à la suite du dénouement juridique, les langues se délieront, et que nous en saurons un peu plus. Nous aurons besoin d’un éclairage fort pour purger les colères.

    Concourir le 15 septembre pour le prix du meilleur staff de PROD2 et être collectivement enfouis le 15 mai, avouez que l’ensevelissement est brutal. Une sorte de Pompéi, où le volcan directorial contenait sa lave depuis des mois.  Le temps d’ouvrir des yeux écarquillés sur notre parcours depuis la Nationale, qu’il nous faut déjà les refermer. Les tenants de l’ovalie dacquoise veulent jouer les matamore, marquer les esprits et mettre à leur main leurs employés. En septembre 2023, l’intervention fracassante, du Président fraichement nommé, devant les médias, après deux défaites certes cuisantes, n’augurait rien de bon. Tout le monde aurait largement compris qu’une mise au point sévère ait lieu dans le huis clos d’un vestiaire. L’humiliation publique est le carburant idéal des rancœurs. Ce staff était issu d’une histoire forte qui ne touchait pas les nouveaux arrivants. Seuls les bons résultats vont éloigner le couperet.

    Ce qui m’arrache le cœur, c’est que ces hommes-là, n’auront jamais une sortie digne, devant un public qu’ils ont fait chavirer avec leurs joueurs, durant presque trois saisons. Aucune page ne sera tournée. Elle flottera écornée, dans le vide, au gré des vents à venir. Mais pour moi, et pour d’autres sans doute, elle sera là comme un repère dans notre histoire commune. Elle aura capté les rayons de soleil d’une renaissance, et les larmes fusionnelles entre un public et ses joueurs. La notion d’injustice n’est pas vaine. Ce bousillage en règle, je le supporte mal. Tout le bien que vous nous avez fait, ne tombera pas dans les oubliettes de l’histoire. Et peut-être qu’un jour, la vie rimera avec retour. Qui sait. Nous trouverons bien l’occasion de vous témoigner, en dehors des cercles officiels, toute notre gratitude. Le staff au grand complet, les intendants dévoués et bénévoles, les petites mains actives, toutes celles et ceux qui ont su remettre de l’humain, au centre du jeu de rugby. Un si beau sport qui doit renouer avec l’utilité sociale quand les liens sociaux se défont au profit des liens économiques. « Vous tenez des propos passéistes, ringards, pas adaptés au monde professionnel », diront certains. Je les lis et les entends déjà. Je m’en moque allègrement. Sachez toutefois que je resterai ce vieux con, engagé, et fortement attaché à des valeurs, que personne ne pourra venir marchander, tant elles sont inaliénables. Jean-Claude Barens, libre, passionné hier, aujourd’hui et encore demain.

    10/05/24 DAX Rugby Pro D2 USDax contre SU Agen

    Photo : Isabelle Louvier – Journal Sud-Ouest

  • TRIBUNES : étiage du nommage *

    En recevant la proposition d’abonnement, dont je prends connaissance malgré le courroux qui m’étreint depuis plusieurs jours, je constate que les tribunes se voient affublées d’un nouveau nom. Pourquoi pas, ça peut avoir du sens.

    Chez ceux qui officient dans le marketing, le consulting ou autre staffbashing, on appelle ça du naming *-nommage, dans la langue de Molière.

    J’entends déjà futuristes et modernistes crier haro sur le passéiste, ou encore pire le conservateur. Que nenni. Rien de tout cela, ne vous en déplaise. De simples observations doublées d’une tentative de décryptage des narratifs officiels, avec pointage des incohérences et des faiblesses.

    La Tribune Présidentielle devient 1904 et la Tribune d’Honneur Adour.

    Là, mon vieux sang d’amoureux du club, ne fait qu’un tour. Préférer un chiffre à un nom, ça m’interroge, d’autant que le club a été créé en avril 1903 et non en 1904. On ne va pas chipoter pour quelques mois. Associer l’autre tribune à un fleuve qui peut potentiellement l’inonder, est également assez cocasse.

    Que ces choix sont simplistes, eu égard à l’énorme Patrimoine de l’US DAX.

    Pierre Albaladéjo est déjà mis à l’honneur aux abords du stade, accompagné, comme il l’a souhaité, de tous les internationaux dacquois. Maurice Boyau survole l’enceinte, et l’espace Roger Junca est une initiative qui trouve toute sa place. Mais, n’y avait-il pas moyen de faire des choix parmi quelques figures qui ont marqué le rugby dacquois de leur empreinte. D’Abel Guichemerre à Patache Dassé (Président de la période glorieuse et cela durant 20 ans), de Toto Desclaux à Maurice Biraben … et tant d’autres. Pour cela, il faut prendre le temps d’une immersion dans l’histoire. Ne pas agir dans la précipitation. Oui, ça demande du travail, d’avoir l’autorisation des ayants droit. Au lieu de cela on largue un chiffre et un fleuve, c’est moins compliqué.

    J’attends avec impatience la composition du nouveau staff. Je n’ai aucune idée préconçue à son égard. Il n’est en rien responsable de la situation. Il fera sans doute au mieux avec l’effectif qu’on lui aura confié, et il sera naturellement jugé sur les résultats. Il faudra qu’ils soient bons. Voire, très bons. Dans l’histoire du club, du moins dans sa période contemporaine, c’est la première fois qu’un staff en plein exercice est jeté à l’Adour, après 34 mois remarquables et seulement 4 mois de moins bon. Souhaitons que cet acte brutal, ne précipite pas une montée fulgurante des eaux, entrainant une noyade toujours redoutée.

    Je suis désolé, mais je ne décolère pas.

    Jean-Claude Barens, qui va être de plus en plus attentif aux évolutions de son club de cœur.

  • LE VENT DU BOULET & LE POIDS DES BOULETTES

    C’est la tristesse qui est le carburant de ma colère. Aujourd’hui je vois rouge. Le blanc reviendra en son temps. J’ai longtemps cru que ma vertu était la patience et mon défaut l’espérance. J’ai perdu patience, mais mon défaut demeure.

    L’US DAX est un monument du rugby français avec une histoire émaillée d’exploits et de drames. Du quartier de Cuyès aux rives de l’Adour, le rugby a toujours su créer du lien et du liant. Unir les cabossés, les décrocheurs, les êtres fragiles. Rapprocher les éloignés. Associer les dissociés. Rares dans les Landes, sont les mémoires qui n’ont pas un jardin secret aux allures d’un stade.

    Il a fallu des décennies pour que cette toile se tisse. Que l’imprégnation se fasse. Que les territoires soient irrigués.

    « Le rugby est un pays, une source continue d’émerveillement et d’émotions », comme l’écrit l’ami Benoit Jeantet.

    J’en vois déjà me retenir la plume, pour me dire : « allez, ça suffit tes vieilles lunes absurdes et passéistes, aujourd’hui c’est le monde professionnel, on s’en fout de savoir quels sont les ultimes dépositaires des dernières traces et des derniers savoirs de l’ancienne génération. Nous n’avons plus le temps de questionner leur humanité et leur façon d’être au monde. Faut avancer. Capitaliser, être dans le momentum. Communiquer. Dégager. Déboulonner. Comme le papillon attiré par le halo lumineux, il faut être dans l’objectif de la caméra. Fini le temps des sensibleries. Plus d’effluves d’huile camphrée. Aujourd’hui les Huiles sont en costard. J’entends. Toutefois, je n’ai pas tout de suite envie de me censurer. Il n’est pas si lointain le temps où se mêlaient les mots avec ou sans accent, les finesses et les incontournables petites chansons paillardes. Avant que l’on ne dispose des images à outrance, le rugby se racontait les coudes sur le zinc. Ce jeu qui interdit le « Je », comme le dit Pierre Albaladéjo, a permis à plusieurs générations de se construire de grandes armoires à souvenirs, de bâtir un bien commun. Et parfois, ils ne sont pas si lointains, les souvenirs. En 2018 nous entamions une traversée du désert. Moment difficile quand on a connu dix ans auparavant les ors du Top14. Je n’ai pas souvenir d’avoir croisé une camarilla d’affairistes ou un quelconque pool d’investisseurs, sur les pelouses de Niort, Trélissac, Marmande ou Bergerac. Et sur les étagères de Boyau, dans les frimas de novembre, nous n’étions qu’une poignée de fidèles, à nous serrer pour nous réchauffer. En 2022, avec l’arrivée de Jeff, une lueur d’espoir irradia le ciel dacquois, un beau collectif ralluma les réverbères de la passion et du jeu de mouvement. Et malgré le professionnalisme, toujours dans le respect des deux grands H qui s’élancent de part et d’autre du pré, et qui peuvent signifier : Humanisme et Humilité. Quelque chose de magique venait de retrouver sa place. Nous renaissions. Tellement longtemps que nous en rêvions. La célébration collective annonçait le retour en el ruedo de l’Ovalie parmi les trente meilleures équipes hexagonales. Tellement longtemps que nous étions absents.

     Je ne vais pas commenter l’histoire qui nous conduit jusqu’à ce jour. Elle me bouleverse. Elle est douloureuse. Chaque journée amène son lot d’irritations. Je suis très agacé de voir que notre Président s’en prend aux vilaines instances, tel un chantre de la dérégulation. Nous ne sommes tout de même pas au pays d’Elon : « Aujourd’hui Tesla, demain t’es plus là ». Triste, moi qui croyais que ces nouveaux Messies nous garantiraient au moins, une forme de tranquillité sur le plan comptable, une stabilité, et qu’en cas d’erreur de gestion, ils seraient en mesure de la reconnaitre. Force est de constater, que la perfection fait partie de leur monde, et que la faute est toujours à chercher chez les autres. La fabrique du récit à usage du grand public, est une ficelle un peu grosse. J’en entends déjà me dire : « si tu n’es pas content, viens donc mettre de l’argent ! ». A la différence près, que je n’ai jamais eu l’ambition d’être à la tête du club, et que mon modeste apport d’abonné, au bout de quelques décennies, finalement ça compte ! Il me reste les mots pour m’exprimer. A chacun sa richesse.

    Le groupe de joueurs, en plus d’être orphelin de Jeff, va hériter d’un début de championnat avec un débours de 5 points et une épée de Damoclès de 4 points au-dessus de la tête. C’est lourd. Très lourd.

    A moins que l’appel ne soit clément. Nous serons là pour vous porter, vous accompagner dans votre quête de maintien. Je n’ai jamais vu une PROD2 s’armer de la sorte. Et au lieu de faire corps, nous donnons à voir un spectacle de division et des réalités budgétaires bien éloignées des promesses affichées.

    Mais comme le dit le communiqué Officiel : « un nouveau cycle ambitieux s’amorce ! ».

    Je suis inquiet. Dans mon parcours de vie, j’en ai tant vu qui s’en allèrent, quand l’incendie se fit pressant.

    Jean-Claude Barens, amoureux de l’USDAX. Anxieux mais pas résigné.

  • VERBIAGE & ENFUMAGE

    VERBIAGE & ENFUMAGE

    Ou l’art de nous prendre pour des crétins

    Cela fait 130 ans que notre US DAX trimballe sa carcasse dans le paysage rugbystique français. En autant d’années, elle n’a pourtant jamais été habituée à être prise dans d’aussi fortes turbulences successives. Celles qui vous font vaciller, vous interroger et vous demander si ce que l’on vous expose, n’est pas un tantinet flouté pour masquer la vérité.

    Après avoir dynamité le staff existant, pourtant fort de résultats probants, voilà que la meute de jeunes loups gestionnaires, vient nous expliquer que la sanction infligée, soit un retrait de 5 points sur le classement à venir, est une injustice flagrante, que l’ancienne structuration avec un conseil de surveillance, était un obstacle à la réactivité et autres arguments dirigeant toujours la responsabilité vers les autres, sans la moindre remise en cause. On dirait du Macron dans le texte. Alors, comment asseoir sa crédibilité lors d’une présentation d’importance ? Comment transmettre des idées complexes ? Comment désamorcer un conflit sans faire de remous ? À ces trois questions, une réponse : en fabriquant un récit. C’est ce que l’on appelle la communication narrative.

    Il s’agit de précéder ou d’accompagner son argumentation d’un récit de manière à le contextualiser, lui donner du sens et de la cohérence. Par exemple, « quand nous sommes arrivés le stade était complétement obsolète, sûrement le plus vétuste du monde professionnel. » Alors, nous avons rénové. Et beaucoup emprunté. Aujourd’hui faut rembourser. Ils oublient simplement de dire que ses aménagements étaient liés à la mise en conformité du stade, par rapport au cahier des charges de la LNR pour pouvoir disputer le championnat de PROD2. Quand ils ont pris le club, sans doute n’ignoraient-ils pas cette contrainte majeure.  « L’argent injecté par les actionnaires : entre 1 et 1.5 millions d’euros. » Je comprends qu’avec autant de précisions, les comptes puissent couiner. « Le club avance bien, il n’y a pas de problème d’argent. Un nouveau cycle ambitieux s’amorce ! Tous les feux sont au vert !» Là, c’est la plage de communication positive. La ligne de crête du foutage de gueule. Pourtant après une sanction « lourde, injuste et incohérente », ne craignez rien brave gens, tout cela va s’arranger, nous sommes là, nous les sauveurs d’une situation que nous aurons créée. Permettez-moi d’émettre beaucoup de doutes. Et toutes ces gesticulations, pour continuer à être le 15éme budget de PROD2. Une grande tristesse m’envahit. Notre club voit ses valeurs partir en lambeaux.