Auteur : jcbarens

  • LE VENT DU BOULET & LE POIDS DES BOULETTES

    C’est la tristesse qui est le carburant de ma colère. Aujourd’hui je vois rouge. Le blanc reviendra en son temps. J’ai longtemps cru que ma vertu était la patience et mon défaut l’espérance. J’ai perdu patience, mais mon défaut demeure.

    L’US DAX est un monument du rugby français avec une histoire émaillée d’exploits et de drames. Du quartier de Cuyès aux rives de l’Adour, le rugby a toujours su créer du lien et du liant. Unir les cabossés, les décrocheurs, les êtres fragiles. Rapprocher les éloignés. Associer les dissociés. Rares dans les Landes, sont les mémoires qui n’ont pas un jardin secret aux allures d’un stade.

    Il a fallu des décennies pour que cette toile se tisse. Que l’imprégnation se fasse. Que les territoires soient irrigués.

    « Le rugby est un pays, une source continue d’émerveillement et d’émotions », comme l’écrit l’ami Benoit Jeantet.

    J’en vois déjà me retenir la plume, pour me dire : « allez, ça suffit tes vieilles lunes absurdes et passéistes, aujourd’hui c’est le monde professionnel, on s’en fout de savoir quels sont les ultimes dépositaires des dernières traces et des derniers savoirs de l’ancienne génération. Nous n’avons plus le temps de questionner leur humanité et leur façon d’être au monde. Faut avancer. Capitaliser, être dans le momentum. Communiquer. Dégager. Déboulonner. Comme le papillon attiré par le halo lumineux, il faut être dans l’objectif de la caméra. Fini le temps des sensibleries. Plus d’effluves d’huile camphrée. Aujourd’hui les Huiles sont en costard. J’entends. Toutefois, je n’ai pas tout de suite envie de me censurer. Il n’est pas si lointain le temps où se mêlaient les mots avec ou sans accent, les finesses et les incontournables petites chansons paillardes. Avant que l’on ne dispose des images à outrance, le rugby se racontait les coudes sur le zinc. Ce jeu qui interdit le « Je », comme le dit Pierre Albaladéjo, a permis à plusieurs générations de se construire de grandes armoires à souvenirs, de bâtir un bien commun. Et parfois, ils ne sont pas si lointains, les souvenirs. En 2018 nous entamions une traversée du désert. Moment difficile quand on a connu dix ans auparavant les ors du Top14. Je n’ai pas souvenir d’avoir croisé une camarilla d’affairistes ou un quelconque pool d’investisseurs, sur les pelouses de Niort, Trélissac, Marmande ou Bergerac. Et sur les étagères de Boyau, dans les frimas de novembre, nous n’étions qu’une poignée de fidèles, à nous serrer pour nous réchauffer. En 2022, avec l’arrivée de Jeff, une lueur d’espoir irradia le ciel dacquois, un beau collectif ralluma les réverbères de la passion et du jeu de mouvement. Et malgré le professionnalisme, toujours dans le respect des deux grands H qui s’élancent de part et d’autre du pré, et qui peuvent signifier : Humanisme et Humilité. Quelque chose de magique venait de retrouver sa place. Nous renaissions. Tellement longtemps que nous en rêvions. La célébration collective annonçait le retour en el ruedo de l’Ovalie parmi les trente meilleures équipes hexagonales. Tellement longtemps que nous étions absents.

     Je ne vais pas commenter l’histoire qui nous conduit jusqu’à ce jour. Elle me bouleverse. Elle est douloureuse. Chaque journée amène son lot d’irritations. Je suis très agacé de voir que notre Président s’en prend aux vilaines instances, tel un chantre de la dérégulation. Nous ne sommes tout de même pas au pays d’Elon : « Aujourd’hui Tesla, demain t’es plus là ». Triste, moi qui croyais que ces nouveaux Messies nous garantiraient au moins, une forme de tranquillité sur le plan comptable, une stabilité, et qu’en cas d’erreur de gestion, ils seraient en mesure de la reconnaitre. Force est de constater, que la perfection fait partie de leur monde, et que la faute est toujours à chercher chez les autres. La fabrique du récit à usage du grand public, est une ficelle un peu grosse. J’en entends déjà me dire : « si tu n’es pas content, viens donc mettre de l’argent ! ». A la différence près, que je n’ai jamais eu l’ambition d’être à la tête du club, et que mon modeste apport d’abonné, au bout de quelques décennies, finalement ça compte ! Il me reste les mots pour m’exprimer. A chacun sa richesse.

    Le groupe de joueurs, en plus d’être orphelin de Jeff, va hériter d’un début de championnat avec un débours de 5 points et une épée de Damoclès de 4 points au-dessus de la tête. C’est lourd. Très lourd.

    A moins que l’appel ne soit clément. Nous serons là pour vous porter, vous accompagner dans votre quête de maintien. Je n’ai jamais vu une PROD2 s’armer de la sorte. Et au lieu de faire corps, nous donnons à voir un spectacle de division et des réalités budgétaires bien éloignées des promesses affichées.

    Mais comme le dit le communiqué Officiel : « un nouveau cycle ambitieux s’amorce ! ».

    Je suis inquiet. Dans mon parcours de vie, j’en ai tant vu qui s’en allèrent, quand l’incendie se fit pressant.

    Jean-Claude Barens, amoureux de l’USDAX. Anxieux mais pas résigné.

  • VERBIAGE & ENFUMAGE

    VERBIAGE & ENFUMAGE

    Ou l’art de nous prendre pour des crétins

    Cela fait 130 ans que notre US DAX trimballe sa carcasse dans le paysage rugbystique français. En autant d’années, elle n’a pourtant jamais été habituée à être prise dans d’aussi fortes turbulences successives. Celles qui vous font vaciller, vous interroger et vous demander si ce que l’on vous expose, n’est pas un tantinet flouté pour masquer la vérité.

    Après avoir dynamité le staff existant, pourtant fort de résultats probants, voilà que la meute de jeunes loups gestionnaires, vient nous expliquer que la sanction infligée, soit un retrait de 5 points sur le classement à venir, est une injustice flagrante, que l’ancienne structuration avec un conseil de surveillance, était un obstacle à la réactivité et autres arguments dirigeant toujours la responsabilité vers les autres, sans la moindre remise en cause. On dirait du Macron dans le texte. Alors, comment asseoir sa crédibilité lors d’une présentation d’importance ? Comment transmettre des idées complexes ? Comment désamorcer un conflit sans faire de remous ? À ces trois questions, une réponse : en fabriquant un récit. C’est ce que l’on appelle la communication narrative.

    Il s’agit de précéder ou d’accompagner son argumentation d’un récit de manière à le contextualiser, lui donner du sens et de la cohérence. Par exemple, « quand nous sommes arrivés le stade était complétement obsolète, sûrement le plus vétuste du monde professionnel. » Alors, nous avons rénové. Et beaucoup emprunté. Aujourd’hui faut rembourser. Ils oublient simplement de dire que ses aménagements étaient liés à la mise en conformité du stade, par rapport au cahier des charges de la LNR pour pouvoir disputer le championnat de PROD2. Quand ils ont pris le club, sans doute n’ignoraient-ils pas cette contrainte majeure.  « L’argent injecté par les actionnaires : entre 1 et 1.5 millions d’euros. » Je comprends qu’avec autant de précisions, les comptes puissent couiner. « Le club avance bien, il n’y a pas de problème d’argent. Un nouveau cycle ambitieux s’amorce ! Tous les feux sont au vert !» Là, c’est la plage de communication positive. La ligne de crête du foutage de gueule. Pourtant après une sanction « lourde, injuste et incohérente », ne craignez rien brave gens, tout cela va s’arranger, nous sommes là, nous les sauveurs d’une situation que nous aurons créée. Permettez-moi d’émettre beaucoup de doutes. Et toutes ces gesticulations, pour continuer à être le 15éme budget de PROD2. Une grande tristesse m’envahit. Notre club voit ses valeurs partir en lambeaux.

  • LE GRAND MAUL 2025

    LE GRAND MAUL 2025 – Devant une réelle difficulté à trouver son public, associée à une baisse des subventions, cette manifestation singulière se refuse de céder en mêlée, et va continuer d’avancer en proposant un autre format. Le Grand Maul se déroulera du 28 novembre au 13 décembre 2025.

    Cinq rencontres littéraires, une exposition & deux projections de documentaires à la Médiathèque Louise Michel de Saint-Paul-lès-Dax, avec en conclusion Une Nuit du Grand Maul, où le Portugal sera l’invité d’honneur. Nous vous donnerons plus d’informations dans les mois qui viennent.

  • PASSION OVALE

    PASSION OVALE : le rugby en général et L’US DAX en particulier.

    C’était au printemps de l’année 1966. Fluet, avec ma casquette vissée sur la tête, je commençais à peine à user mes fonds de culottes sur les bancs de l’école primaire de Marsac, village niché dans les vallons d’oxygène de la Lomagne Gersoise. Cependant, nous appartenions administrativement au département du Tarn-et-Garonne. Mes parents étaient tous deux issus de modestes familles paysannes installées là depuis plusieurs générations. Ils perpétuaient ainsi ce dur labeur lié à cette terre, qui vous colle aux chaussures, et dont on ne peut se détacher. La grand tante Noémie, employée aux PTT à Paris, descendait à Dax pour y faire une cure thermale. Considérant cette proximité, elle nous incita fortement à lui rendre visite. Vous n’imaginez pas le caractère expéditionnaire que cela prit. Les Landes, c’était le bout du monde, avec ses 180 kms. Au jour J, nous primes la route. La vieille Aronde familiale eut quelques toussotements inquiétants, mais nous arrivâmes à bon port. Noémie, et Robert son compagnon, nous attendaient pour déjeuner. Leur logement se situait en face du stade municipal, baptisé depuis Maurice Boyau, du nom de cet aviateur et international de rugby dacquois, abattu en vol en 1918. Le repas terminé, Robert proposa « d’amener le petit au rugby ». La rencontre opposait L’US DAX à la Section PALOISE. C’était une première pour moi, et je pris ce sport en plein plexus. J’allais le pratiquer quelques années avec gourmandise. Et ce club rouge et blanc, vint lui s’installer à jamais dans mon cœur. Je ne l’ai plus quitté, faisant même des folies pour lui. Avalant des kilomètres de route, des heures de train. Cette passion naquit pourtant au milieu de drames. Le club avait perdu en septembre 1964, trois joueurs dans un accident de la route : Jean OTHATS, Emile CARRERE et Raymond ALBALADEJO. En 1966, lors de cette finale d’une violence extrême, perdue 9-8 contre AGEN, Pierre ALBADEJO vint s’ouvrir la tête contre le trépied d’une caméra. Ce visage ensanglanté me marquera à jamais. Puis ce fut à nouveau une finale perdue contre TARBES en 1973. Au total, cinq finales disputées en l’espace de quinze ans, et autant de défaites. Une véritable malédiction. Entre 1970 et 1980, je faisais largement cliqueter les ciseaux, découpais, collais, élaborais consciencieusement des fiches. En cours de maths, mon activité principale consistait à remplir des cahiers de noms, de tailles et de poids de mes idoles landaises, plongeant dans une totale incompréhension, un professeur qui se donnait pourtant beaucoup de mal. J’avais même trouvé un correspondant dacquois, monsieur Mellac, une connaissance de mes parents installé dans la cité thermale, qui me découpait le lundi les articles du journal Sud-Ouest et me les expédiais soigneusement datés. Nous étions bien loin d’internet et de son immédiateté. C’est à cette même époque qu’une passion pour Joséphine BAKER me gagna. J’archivais, et tirais le moindre fil de tout ce qui était susceptible de me relier à elle. Landes et Milandes faisaient corps. La culture et le rugby s’imbriquèrent à jamais.

    Rien d’étonnant donc, qu’en quittant Paris, je choisis Dax comme destination. J’ai le club accroché à la boutonnière. Et la boutonnière, c’est tout près du cœur.

    Photo : Trésors d’archives.

  • EPITAPHE POUR UN STAFF

    Epitaphe pour un staff démantelé,

    Ils étaient unis. Autant dans la traversée de la division Nationale, où un souffle nouveau vint gonfler les voiles d’un club en difficulté, qu’au début d’une navigation difficile dans l’océan tempétueux de PROD2, lorsqu’une violente lame de fond vint déferler publiquement, mettant en cause leurs compétences professionnelles pour exercer à ce niveau-là. Le coup était violent et la plaie ouverte, profonde. Elle ne se refermera jamais. Ils étaient unis, et formèrent famille. L’une de celles à qui on ne touche pas un cheveu lorsqu’elle est attaquée. Sans doute y eut-il des entêtements, des crispations, des tout-à-l’égo mal canalisés. Trop d’inflexibilité. Sans doute. Nous avons tous conscience qu’Il fallait évoluer, changer, se structurer, par nécessité d’écrire une nouvelle page mais surtout pour être en conformité avec les exigences du cahier des charges de la LNR. Aucune hésitation, pour mettre cela au crédit de l’équipe arrivante. Dans ce tumulte il est inconcevable d’oublier les historiques, qui ont mis la main à la poche durant des décennies, loin des caméras et sans qui nous croupirions dans ces eaux stagnantes où des clubs au passé glorieux ont été lentement effacés de la carte du rugby professionnel.

    Le 04 Brumaire de l’an IV (1795), le Directoire est mis en place en réaction au régime de la Terreur, où bien trop de têtes tombent facilement dans le panier du bourreau. Boissy d’Anglas à la Convention, s’exprimait ainsi : « Nous devons être gouvernés par les plus riches, car ce sont eux les meilleurs ». Hallucinante affirmation où l’on entendait déjà les premières incantations d’un monde d’affairistes ! Un Directoire qui veut couper des têtes, en cherchant un pouvoir absolu, le fait aujourd’hui avec moins de sang, mais avec grand cynisme. Concernant Jeff, il va utiliser la vieille technique de l’isolement, pour le pousser à ne plus avoir les conditions favorables à l’exercice de sa mission, et en jouant sur sa fidélité envers ses adjoints. Pour finalement conclure que c’est bien lui qui a décidé de partir. Sois certain Jeff, que l’on t’aime. Pour ta passion du jeu de mouvement, pour tes racines familiales qui depuis Gaston innervent encore les terrains dacquois, pour ton humanisme, pour ta droiture, pour ton sourire et ta disponibilité. Culturellement, l’USDAX n’appartient pas à ceux qui décident, mais reste un bien commun. Le poids de l’histoire sera toujours plus fort, que les mirages du bling-bling. Nous serons là, pour soutenir ce groupe de joueurs, beau fruit qui a mûri au soleil de cette belle aventure. Eux, que tu as choisi, seront présents pour nous relier encore à toi. Je reprendrai mon abonnement, pas de gaité de cœur, mais pour apporter mon modeste écot et avoir surtout le droit jouissif d’ouvrir ma gueule. Pour observer, exercer une vraie curiosité, interroger, savoir, comprendre voire dénoncer ou faire pression. En ne perdant pas de vue, que ceux qui nous gouvernent nous doivent des comptes, de la transparence, et un minimum de sincérité. Je vais mettre en place ce qu’il faut pour en témoigner largement sur les réseaux sociaux et via d’autres canaux. Nous prendre pour des imbéciles, serait de la part de la Direction, une erreur fatale. Je dis « nous », car je suis bien sûr que d’autres se reconnaitront dans mes propos.

    Et finalement, ce Directoire omnipotent, ne devrait-il pas se recentrer, sur ce qui est son rôle premier : construire un budget adapté à la PROD2. Les sponsors nationaux promis, ont dû poser leur valise à Saubusse, aux « Thermes » d’un suspens de plusieurs mois. La situation est cocasse. Et ce bus, qui à défaut de rouler sur l’or, faillit ne pas rouler du tout, provoquant la risée du monde du rugby. Deux saisons à la quinzième place budgétaire, c’est largement moins bien que le sportif, qui a su faire tellement mieux avec le peu que vous lui avez octroyé. A votre niveau, vous n’avez jamais quitté la zone de relégation. Attention à la descente. L’USDAX mérite mieux que des calculs portés par des Fouquier Tinville en culottes courtes, à qui il va falloir expliquer qu’un collectif humain n’est pas un jouet au service d’ambitions personnelles. Une page aurait pu se tourner. Elle a été déchirée.

    Jean-Claude Barens, amoureux de ce club depuis des décennies.

  • BILAN SAISON 2024-2025

    En 2022, Philippe Jacquemain, alors Président de L’USDAX, propose à Jeff Dubois, un contrat de 5 années, pour que le club retrouve sa place dans le rugby professionnel et s’y maintienne.

    Saison 2022-2023

    1er du Championnat de NATIONALE.

    Vice-champion de France de Nationale

    Facteur X : Rodrigo Marta – 15 essais

    9ème budget de la Nationale sur 14 clubs engagés.

    31ème place au niveau du rugby français.

    Saison 2023-2024

    5ème du Championnat de PRO D2 (unique dans l’histoire de la division, qu’un promu dispute les barrages)

    Qualifié pour les Barrages (défaite à Grenoble)

    Facteur X : Jopé Nasara -11 essais

    15ème budget de PROD2 sur 16 clubs engagés.

    19ème place au niveau du rugby français.

    Saison 2024-2025

    11ème du Championnat de PROD2

    Maintien en PROD2

    Facteurs X : Néné Noah et Jopé Naseara (hélas blessés tous les deux tôt dans la saison)

    15ème budget de PROD2 sur 16 clubs engagés

    25ème place au niveau du rugby français.

    Sur 86 matchs disputés en trois saisons, l’USDAX totalise 51 victoires et 2 nuls.

    Au niveau du classement national des clubs, nous avons gagné 15 places en 3 ans, pour figurer l’an dernier dans le TOP 20 du rugby français.

    En trois ans, contrat rempli pour Jeff Dubois et son staff.

    Je souhaite à ceux qui prendront la suite, de faire aussi bien avec aussi peu.

  • JEFF DUBOIS

    Un bon anniversaire à JEFF DUBOIS, manager sportif de l’US DAX depuis 2022 et fort de résultats incontestables. Amoureux du jeu, charismatique et humaniste. Trois vertus parfois difficiles à concilier avec un rugby devenu d’affaires et de bling-bling. A l’heure où l’on voit Pierre Caillet à Béziers être licencié à la Elon Musk, on peut se poser beaucoup de questions. Mais nous, le petit peuple qui payons nos abonnements, nous saurons être vigilants.