La leçon d’humilité

Bernard DOLET, grand journaliste au journal l’Equipe et dacquois de naissance, écrivait ceci au lendemain de la défaite de l’USDAX pour une cinquième finale perdue le 20 mai 1973 contre le Stadoceste TARBAIS :

« Avec le recul, la défaite a pris des proportions plus justes, moins dramatiques, même si ici le mot « finale » porte le symbole de la malédiction. Mais « après tout ce n’est que du sport », philosophie simpliste, mais plus qu’acceptable. Soyons logiques : de quel droit peut-on reprocher quelque chose à une équipe, à un entraineur et surtout à un club dont l’extraordinaire tenue depuis plus d’une décennie est évidente, à une équipe qui arrive en finale, à une équipe qui a fait la renommée de sa ville et qui a apporté tant de grands moments à ses supporters ? Les gens ici semblent avoir pris conscience de toute cela, comme, en ont témoigné les diverses réceptions après la finale. Cette cinquième de perdue doit être rangée dans le tiroir des oubliettes avec toutes les autres, elle doit même apporter une grande satisfaction, celle de posséder un XV capable de grandeur à la fois sur les terrains et à l’extérieur et un public, n’ayant point fait preuve d’un chauvinisme exacerbé. Le dacquois est redevenu ce qu’il était : sage et juste. Peu lui importe de savoir si ses joueurs étaient « dignes ». Une très belle page est encore tournée dans l’histoire du club. Tous les héros de cette année seront au départ pour la précoce saison 1973-1974 avec en plus Jean-louis Bérot de retour au bercail et avec toujours Popaul Lasaosa, qui finalement s’occupera encore d’une équipe et d’un club qui peuvent le saluer bien bas. Tous souhaitent bien sûr faire exploser Dax par un beau soir du mois de mai 1974. Ceci n’est pas un but à atteindre à tout prix ; il s’agit simplement d’un souhait. Le cru a été bon et le reste, la relève aussi. Alors pourquoi pas, une nouvelle finale  … pardon, un titre ? Mais ceci, comme dirait Kipling, est une autre histoire. »

Bernard DOLET

On retrouve là toute la place de la vertu de tempérance dans l’éthique du sport. Aujourd’hui, quatre mois de moins bien dans un cycle exceptionnel, sont prétexte à une violence décomplexée envers des êtres humains, à une maltraitance insupportable. Attitudes devenues monnaie courante dans le sport professionnel, où les chiffres ont remplacé les mots. Et comme Bernard Dolet, je terminerai par du Kipling : « Quand on commence à se prendre pour un dieu, on finit toujours par se rappeler qu’on n’est qu’un homme ». Histoire à suivre …

Jean-Claude BARENS

« Cul rouge un jour, cul rouge toujours. »

Commentaires

5 responses to “La leçon d’humilité”

  1. Avatar de Tremont
    Tremont

    merci

    J’aime

  2. Avatar de swiftlyenchanting7b722bfcd9
    swiftlyenchanting7b722bfcd9

    Merci monsieur pour ce souvenir qui était du temps où notre club avait encore des valeurs .belle soirée au plaisir de vous lire. B.Tremont Envoyé de mon mobile

    J’aime

    1. Avatar de jcbarens

      Ma passion pour l’USDAX est dévorante. Ce qui se passe actuellement m’affecte particulièrement, et ce qui arrive à Jeff m’exaspère. Je sais que je ne suis pas le seul. Je sais aussi que vous faites partie des fidèles partenaires et je suis certain qu’on aura encore besoin de vous pour remettre le bateau à flots. Bonne soirée

      J’aime

  3. Avatar de Laurent TRAVINI
    Laurent TRAVINI

    Mon cher Jean Claude.Encore une fois, un petit rappel sur ce qui faot les vrais hommes et qui contraste avec ceux qui ne seront jamais que des ombres… »Ode à la Vertu de tempérance… »Comme toute les vertus,  la tempérance a besoin de la plus importante sans laquelle aucune vertu n’est possible… Le Courage.Et ce bien aimé Kipling….associés à la tempérance, dans un même texte, me font dire que ne savoir ni lire, ni écrire n’empêche pas de penser, de croire et de s’exprimer…Bonne soirée…:.

    J’aime

  4. Avatar de La Dacquoise
    La Dacquoise

    Bernard Dolet est mon cousin. Merci d’avoir publié son article. L’USDAX est mon club d’enfance. Je suis atterrée de cette gouvernance. L’humain est effacé au profit du business. L’article paru dans Sud-Ouest ce soir 24 août en dit long.

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire