ESPERANZA

C’est un samedi en ovalie dacquoise. Sous un ciel azuré, la grosse olive blanche s’est immobilisée le long de la ligne de touche. Une nuée de minots aux tuniques blanche et rouge, les mains à peine visibles sous des manches trop longues, se précipite pour la saisir et la faire virevolter. Au même moment, à des centaines de kms de là, à Ansac-sur-Vienne, les plus grands, ceux qui ont parfois déjà foulé des pelouses professionnelles, s’attaquent à l’un des cadors de la catégorie. C’est du costaud en face. Ils s’inclineront de très peu après avoir tout donné, avec talent et générosité. Entre temps, les filles du club auront répété leurs gammes, pour aller peut-être chercher un titre. Des adolescents encore boutonneux, se seront serrés par la taille, dans un ultime élan de motivation. Toute La famille les observe, les couve toutes et tous d’un regard fier et attendri. Tous les week-ends, des techniciens, des éducateurs, des bénévoles, des arbitres, des dirigeants, font don de leur temps et de leur passion au service d’une histoire collective. Des supporters traversent le pays pour aller soutenir les équipes. Le rugby est devenu un sport professionnel. Il emprunte désormais des chemins tortueux, tapissés d’euros et de surbrillance, dont personne ne peut dire où ils mèneront. Et quand on se retrouve parmi ces familles qui ont du mal à boucler les fins de saisons, c’est donc dans la formation qu’il faut aller chercher les cellules vivantes d’une possible existence au meilleur niveau. Que ces jeunes puissent briller le plus possible sous nos couleurs. Qu’ils réussissent sur le terrain et à l’école. Que l’on ait la capacité de les faire adhérer à un projet construit et innovant. Insérer et accompagner ceux qui viennent de loin, ceux qui sont les plus fragiles. FonDAXtion et le projet AMAS en ont bien cerné la nécessité et oeuvrent déjà formidablement. Jérôme Daret avait par le passé posé les bases et saisi l’importance de la formation. L’équipe professionnelle évolue sur une scène où les artistes sont sous les projecteurs, mais c’est toute une lignée solidaire qui grouille en coulisses pour produire au quotidien cette capacité d’émerveillement, ces émotions, ce bien vivre ensemble, qui sont des composantes majeures de ce sport.

« Le rugby, ce n’est pas un caprice. Ça vous coule dans les veines et ça colle au terroir ». On a raison de dire que c’est « une manière d’être »

Jean-Claude Barens

Photo : Equipe Reichel Espoir Accession de l’USDAX

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